Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 23:47

Bonjour à tous,

Trois mois d'inactivité.. Je suis impardonnable. Mais sachez que je serai très prochainement de retour!

 

  Quelques photos prises en Terre d'Eire pour patienter.

 

Alatariel

 

 

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Par Trøll - Publié dans : Chaudron magique - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 00:25

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1.3) Portée symbolique   

Dans la plupart des mythologies, on trouve l’idée d’un couple divin à l’origine de tout ce qui est, et cela nous invite tout naturellement à penser que les deux figures divines les plus archaïques de la tradition celtique devaient former un tel couple. Cernunnos, pas conséquent, devait être l’époux de la grande Reine, de la Terre-mère. Cela est confirmé par l’imagerie du chaudron de Gundestrüp, où ils figurent l’un et l’autre, et surtout par le monument gallo-romain des Saintes. Sur une des faces de ce monument, le dieu cornu est assis en posture de yoga, entre une femme debout tenant une corne d’abondance et un homme nu s’appuyant sur une massue. Sur l’autre face, la déesse est assise à côté du dieu en posture de yoga. Celui-ci tient un torque à la main, comme on voit souvent Cernunnos le faire, mais il n’a plus de cornes. C’est lorsqu’intervient dans l’existence du couple divin un troisième personnage que Cernunnos porte des cornes (Ce troisième personne est peut-être Esus.).  Cernunnos est à la fois le maître de la nature et le dieu du Monde d’en dessous. Epoux de la déesse de la fécondité, mais il en est un mari trompé. Il porte des corne, mais ce sont des cornes de cervidé qui tombent et repoussent : son aventure est donc une aventure cyclique. Dans une première phase, il règne sur le royaume souterrain du Sid (l’Autre Monde celte), mais dans une seconde phase, il est abandonné par la reine mais devient le souverain de la nature régénérée, tandis que son rival a pris sa place sur le trône d’en bas. Mais il finit par triompher de ce rival et par « reconquérir » sa femme et son trône, tandis que la nature s’enfonce dans la léthargie hivernale. Alors, il perd ses cornes.
    Le symbolisme naturaliste qui apparaît au grand jour dans ce mythe recouvre, en fait, un enseignement beaucoup plus profond. Certes, la vie de la nature, chaque hiver, se réfugie sous terre pour en resurgir au printemps. Lorsque, fécondée par la force créatrice, la Terre-mère a accouché d’une vie nouvelle, elle commence à tromper la puissance créatrice pour la puissance destructrice. La ramure de cerf qui, à ce moment, pousse l’époux trahi, symbolise l’épanouissement du règne animal et celui du règne végétal, puisque c’est un véritable arbre que l’animal forestier, le cerf, porte au sommet de sa tête : ne parle-t-on pas de « bois », de sa « ramure » ? Mais ce qui est important, dans  la symbolique sacrée de tous les peuples, ce sont les cornes, parce qu’elles jaillissent du crâne et représentent la connaissance. La mère que féconde le dieu au pouvoir créateur, c’est la matière que féconde l’esprit. « Mère », « Matrice » et « Matière » : il s’agit de la même racine indo-européenne Matr-, qui exprime l’idée du principe féminin fécondé. Cernunnos, époux de la déesse-mère, est le principe masculin fécondant, le verbe créateur. Au plan métaphysique, la vie et même la simple existence supposent l’opération, sur la matière informelle, de la force spirituelle émanant de l’Esprit divin. Mais parce que le propre de la matière est d’évoluer dans le temps, parce qu’il lui faut constamment être créée, constamment régénérée, elle trahit cette force spirituelle qui l’a rendue féconde et se soumet à la destruction jusqu’à ce que recommence le cycle.
    Il en est de même pour la vie intérieure de l’individu. Dès l’instant qu’elle est fécondée par l’esprit, l’existence charnelle est sublimée et porte fruit. Mais l’harmonie entre l’âme et le corps contient en elle la menace de sa propre destruction, car la matière, par nature, est avide de domination et tend à soumettre l’esprit à son empire. La connaissance, positive et féconde, conduit facilement à la science destructrice. Si l’esprit ne veut pas devenir esclave, la rupture se produit. Il y a divorce. L’homme doit renoncer à lui-même, accepter une ascèse, abandonner à l’ennemi les plaisirs qui l’empêcheraient de développer son pouvoir spirituel. C’est alors que lui poussent peu à peu les cornes de la vraie connaissance et qu’il devient « Maître de la Nature », c'est-à-dire qu’il s’élève très au-dessus de la vie animale et devient un être libre aux pouvoirs spirituels immenses.

 

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1.4) Cernunnos et ses différentes figures

Cernunnos , dieu Gaulois, a donc une place importante dans la mythologie celtique, et une figure qui apparaît plus ou moins transposée dans de nombreux récits. Elle se manifeste à travers différents personnages, sous des noms différents :


•    en Irlande, avec le personnage de Némed, « le sacré », dans le Lebor Gabala (le livre des conquêtes). Le peuple de Némed est, d’après les légendes, un peuple cerf et son chef en est un dieu-cerf.
•    Dans le Mabinogi, et le récit « Pwyll, prince de Dyvet », la figure de Cernunnos apparaît dès le début du récit, bien avant la rencontre entre le héros et la déesse cavalière. (Arawn pourrait, de plus, être une des figures de Cernunnos ?)
•    Le héros des sagas gaëliques Finn (ou Fionn, Find, Fingal Mac Cumail) : son nom (Vindos en vieux celtique) signifie « blanc », c'est-à-dire « sacré », au même sens que celui de Némed.
•    Chez les Gallois, ce dieu laboureur est également attesté : c’est Amaethon, fils de Don, qui apparaît dans le Mabinogi de Kulhwch et d’Olwen. C’est, avec Gwyddyon, le grand vainqueur de la bataille de Goddeu. C’est aussi le héros d’un poème de Taliesin : Le chant de mort d’Aeddon, le nom d’Aeddon étant une contraction d’Amaethon. Et toujours chez les Gallois, Arthur lui-même, mais l’Arthur primitif peut être considéré comme un dieu agraire.
•    Dans les légendes arthuriennes, Arthur et son clan sont, d’après Jean Markale, des représentants : de la Dana irlandaise, ancêtre des Tuatha de Danann (qui comptent parmi eux les plus grands dieux des Gaëls), de la lignée de Keynvarch, de la lignée de Keridwen, déesse-mère, avec son fils Morvran (corbeau de mer), dont l’animal totémique paraît être le cerf, ce qui établit un certain rapport avec le dieu gaulois Cernunnos.
   


Rapprochement avec d’autres mythologies :

D’après Yann Brékilien dans La mythologie Celtique, on pourrait rapprocher ce dieu, figé en attitude de « yoga », à celui qui figure sur un sceau découvert à Harappa. En effet, le personnage figuré sur le sceau (remontant à l’époque pré-aryenne) est lui aussi entouré d’animaux. Le dieu indusien serait l’archétype de Civa, maître de la Nature, qui détruit la vie pour donner la vie ; Civa est représenté le corps entouré de serpents. On sait que Civa est associé, au sein de la Trimûrti, à Vishnou, son opposé, donc son complément. Les êtres que l’on voit accompagner le dieu celtique correspondent aux incarnations de Vishnou : poisson, tortue, sanglier, lion et nain.
Il est également possible de faire un parallèle avec la Grèce, d’après B. Sergent : le loup est à Apollon ce que le cerf est à Artémis.  Elle est dite Elaphêbolos : « chasseuse de cerf » (Hymne homérique à Artémis, II, 2) et une fête des Elaphêbolia est connue à Athènes, et à Hyampolis, aux confins de la Béotie et de la Phocide, où l’on sacrifiait toutes sortes d’animaux, dont des cerfs à Artémis, on lui offrait aussi des gâteaux en forme de cerf (cf. les textes de Plutarque) Ekaphoktonos, « tueuse de cerf » et à Olympie, Elaphiaia, « celle des cervidés ». Il n’est pas étonnant non plus qu’un cerf se trouve fréquemment dans la proximité du dieu Apollon : sur un stratère de Caulonia en Italie du sud, on a l’image d’Apollon le bras tendu, un garçon courant dessus, et un cerf en dessous. A Kourion, à Chypre, le dieu possédait, sans son bois, des cerfs consacrés. Par ailleurs, on doit rappeler qu’il existait, à Chypre et en Arcadie, un Apollon dit Kereatas, « Celui des cornes », dont la statue à Enkomi en Chypre était pourvue de deux cornes. Ce ne sont certes pas des andouillers, mais il est notable que la racine du nom est la même que celle que l’on trouve dans le nom du dieu celtique Cernunnos. Il existe donc des liens d’Apollon avec le cerf, même s’ils sont peu nombreux et souvent indirects.
    Enfin, toujours selon Bernard Sergent, Les relations entre le dieu Lug et le cerf sont incontestables. Dans l’antiquité, le dieu Mercure gallo-romain est « un dieu cornu, un dieu au cerf » selon Fernand Benoît. Comme à l’accoutumée, la relation ainsi marquée dans l’Antiquité sur le continent entre Mercure et un animal se retrouve dans la tradition insulaire. On  peut noter la survivance traditionnelle de la relation avec la légende qui veut que Saint Patrick et ses compagnons, ayant à fuit leurs persécuteurs païens, se transformèrent en cerfs.  Dans le Mabinogi de Math, Gwydion et Gilvaethey sont changés en cerfs. L’enfant qui naît est un faon, que Math transforme en homme et appelle Hyddwn, « petit cerf », et c’est une forme de Lug, si l’on suit l’analyse de C. Sterckx. Certains auteurs ont récemment montré les rapports entre Lug et Merlin (appelé Taliesin au Pays de Galles, Tuan en Irlande et Fintan, Lailoken en Ecosse). Tuan, entre autres métamorphoses, a été cerf 80 ans, après avoir été sanglier et aigle (cf. l’Histoire de Tuan fils de Cairell [racontée] à Finnon de Mag Bilé). De plus, dans les textes de Geoffroy de Monmouth, il arrive que Merlin se change en cerf. 

 

Survivances bretonnes :
 
Une coutume quimpéroise est une curieuse survivance du culte de Cernunnos : le jour de la Saint-Corentin, neuf jours avant le solstice d’hiver, on mange des espèces de pains doux de forme trilobée (trois), que l’on appelle des kornigou, des « petites cornes ».
    Il a été christianisé à Carnac (Morbihan), par suite de son assimilation à un problématique St-Corneille ou St-Cornely, protecteur de bêtes à cornes, toujours représenté avec un taureau, on a pu mettre en parallèle le nom de Cernunnos et celui de Carnac ; c’est une coïncidence surement recherchée. La racine pré indo-européenne de Carnac semble être Car, pierre, et se disant en breton kerreg, la ville aux pierres. La légende locale fait de St-Cornely le responsable des alignements : poursuivi par une armée entière, il aurait transformé en menhirs tous les soldats, qui sont encore appelés aujourd’hui Soudar Sant Kornely (les soldats de St-Cornely).

 

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Bibliographie

 

-    BREKILIEN Yann,  La mythologie celtique, éditions du Rocher, 1993
-    MARKALE Jean, Les celtes et la civilisation celtique, Payot, 1977
-    SERGENT Bernard, Le livre des dieux celtes et grecs, Tome II, Payot, 2004
-    SJOESTEDT Marie-Louise, Dieux et héros des Celtes, Terre de Brume éditions, 1993
-    STERCKX Claude, Mythologie du monde Celte, Marabout, 2009

Les Mabinogion, contes bardiques gallois, traduction de Joseph Loth, Les presses d’Aujourd’hui, 1979
Les Quatre Branches du Mabinogi  et autres contes gallois du Moyen Âge, Traduit du moyen gallois, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert

Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes - Communauté : La ronde des mythologies
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 22:21

Bonjour,

Petit article "rapide" au sujet du dieu cornu duquel nous connaissons peu de choses. C'est à l'occasion d'un de mes cours de licence que j'ai eu carte blanche de la professeur pour travailler sur ce sujet là :)

J'ai séparé l'article en deux parties en raison de la longueur du propos.

Bonne lecture petits cornus !

 

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I)    Caractéristiques principales

1.1    ) Etymologie

La signification la plus vraisemblable de ce nom est « bellement encorné », Kern- provenant d’un terme relatif aux cornes et –unnos étant un suffixe augmentatif. Certains contestent cela, car la racine du mot « corne » a, en celtique, la forme Karn- et non pas Kern-. Mais il semble que les deux formes aient une origine commune, et rien ne prouve que les deux radicaux ne coexistaient pas, l’un pour le singulier et l’autre pour le pluriel. C’est le cas en breton moderne, où le pluriel de Korn est Kern ou Kerniel.  Yann Brékilien écrit : « En réalité, d’une seule et même racine indo-européenne Ker- sont issus en grec, en latin, en celtique et en germanique, tantôt en gardant le e, tant en le remplaçant par des a, des o ou des i, des quantités de mots désignant le cerveau, la tête, le crâne, le sommet du crâne, la cime, la pointe, la corne, le coin, le cor ou le cerf. Il n’y a pas de cloisonnement entre leurs diverses formes, il n’a cessé de se produire entre elles des échanges. Loin qu’à une évolution en a ou en o corresponde un certain sens, on trouve aussi bien des e que des o dans des mots signifiant « la corne » (to keraς en grec, mais cornu en latin et horn en germanique), tandis qu’à la tête hellénique (τò κάρα) correspond un cerveau italique cerebrum et germanique hirm. A l’inverse du grec, le vieux celtique utilisait un radical en a pour la corne, Karnu, et en e pour le sommet de la tête, kerna. Kerna  désignait aussi la cime, la pointe, le coin. Mais, en breton moderne,  si la corne, matière des sabots des chevaux et des vaches, est bien toujours karn,  et si la cime, la pointe, le sommet de la tête sont restés kern, en revanche on traduit aussi « les cornes » par kern  ou kerniel, comme nous venons de le voir. C’est que, pour constituer l’ornement d’un sommet du crâne, il faut que les cornes soient une paire. On remarquera aussi que, bien que l’évolution phonétique qui donne ô en italique aboutisse à un â en celtique, il n’en existe pas moins une correspondance entre le korn- latin et le kern- celte, puisque le nom de peuple Cornovic  a donné en breton (d’Armorique et de Cornwall) le nom de peuple kerneo, en français Cornouaille.  »


L’analyse de Markale est la suivante : d’après lui,  le nom de Cernunnos évoque la corne (breton-armoricain Korn, pluriel kern) mais par suite d’analogies de sons, il évoque aussi le cerf (breton-armoricain karu-, pluriel kervi-). A toutes ces étymologies, peut être fantaisistes mais témoignant d’une réelle confusion et d’une parenté certaine, au point de vue mythologique, du cerf, de la pierre et de la corne, il est préférable de voir dans Cernunnos la racine indo-européenne Ker ayant donné le latin creare : créer et crescere: croître.

 

 

 

1.2)  Représentations iconographiques et textuelles & interprétations

 Les Celtes n’ont pas hérité seulement, des civilisations antérieures, du  culte de la Déesse-mère,  mais aussi  de celui d’un personnage masculin qui lui était associé et que l’on représente avec des cornes de cerf au sommet du crâne. Cet attribut permet de penser que son origine se situe plus loin encore que dans la nuit des temps que l’ère des mégalithes, à l’époque mésolithique, où l’animal sacré était le cerf et où, sans doute, certains « sorciers » officiaient encore avec des bois de cervidé sur la tête, comme leur ancêtre que l’on voit figuré dans la grotte des Trois frères, en Ariège.  D’après Marie –Louise Sjoestedt,  un  trait notable est le caractère zoomorphe plus ou moins marqué ou, forme plus évoluée du même type de figures mythiques, l’association avec un animal. Un exemple en est fourni par Cernunnos, « Le cornu », l’un des dieux dont le culte est le plus largement attesté. Il est représenté avec des cornes de bélier ou des bois de cerf, accroupi sur le sol. La posture rappelle celle du Bouddha, mais devait être familière aux Gaulois dont le mobilier ne comprenait pas de sièges. Il est fréquemment accompagné d’un ou de deux serpents cornus. Le dieu cornu au serpent se retrouve sur le célèbre vase de Gundestrüp. Certaines variantes nous représentent une divinité féminine ou encore tricéphale, de même type. Cet élément zoomorphe apparaît encore plus nettement chez les déesses que chez les dieux (exemple, Epona, « La grande jument »).
    La plupart du temps donc, ce dieu cornu nous est montré assis en tailleur, les jambes croisées. C’est ainsi qu’on le voit sur le chaudron de Gundestrüp, sur le monument de Reims, de Vendoeuvres, de Saintes, de Sommecourt. Son cou est orné d’un collier ou d’un torque et il tient quelquefois dans une de ses mains un torque ou un objet rond qui peut être une pomme ou une bourse. Il arrive exceptionnellement que, sur sa tête, les bois de cerf soient remplacés par des cornes de bouc. Il est entouré d’animaux sauvages et l’on remarque presque toujours un serpent, soit dans une de ses mains, soit autour de son cou, soi à ses côtés. Généralement, ce serpent est doté d’une tête de bélier (il faut souligner que la plus ancienne représentation du dieu-cerf accompagné du serpent cornu est un dessin rupestre du Val Camonica en Italie, datant du –IVème siècle).

 

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    Ce personnage, abondamment représenté sur les monuments, dans la statuaire et la gravure celtiques, paraissait jouer un rôle de premier plan dans la mythologie. Son nom gaulois est révélé sur un des deux autels découverts à Paris en 1710 et conservés au musée de Cluny : il y est appelé « Cernunnos ». Il est souvent représenté seul, siégeant au milieu d’animaux, dans sa fonction de maître de la nature. Sur le chaudron de Gundestrüp, les animaux sur lesquels il règne sont un cerf, des taureaux, des lions, un sanglier, un poisson chevauché par un nain et le serpent. Le règne végétal est évoqué par des ramilles pourvues de leurs feuilles. La présence simultanée du cerf et du taureau est très fréquente. On  la retrouve, en particulier, sur le monument de Reims.  L’hypothèse émise par Brekilien pour expliquer cela est la suivante : « Ainsi est affirmée la réconciliation devant le maître de la vie qui pourvoit aux besoins de toutes les créatures, des deux traditions préceltiques, celle des Hommes du cerf de l’époque mésolithique qui vivaient de la chasse et de la cueillette, ou, sur les côtes, se nourrissaient de coquillages, et celle des hommes du bœuf, constructeurs des mégalithes qui pratiquaient l’élevage et la culture. Réconciliation, en d’autres termes, de la vie forestière et de l’activité agricole.  »


    Diverses théories ont été émises au sujet du dieu cornu. Pour les uns, comme Salomon Reinach, il serait le dieu-cerf issu d’un antique totem de tribus vivant de la chasse. Pour d’autres, il serait le dieu protecteur des bêtes à cornes. Pour d’autres encore, nos ancêtres auraient adoré en lui la fécondité animale. Cependant, ces théories ne semblent pas « compatibles » avec les conceptions celtiques : en effet, les Celtes semblent n’avoir jamais pratiqué le totémisme. Selon Brekilien, « Ils ne réduisaient pas la religion à des cultes utilitaires. Il ne leur serait pas davantage venu à l’idée de prendre pour objet de leur adoration la fécondité animale, ni aucun autre fait de la nature. Leurs mythes ont toujours été d’essence métaphysique et les images naturistes n’y ont jamais eu valeur que de symboles.  » Il parait également difficile d’accorder du crédit aux Romains qui assimilaient Cernunnos à Mercure. Il est certain que l’on peut trouver des points communs entre les deux dieux, et Cernunnos est souvent représenté avec des attributs qui rappellent le dieu romain : la bourse, la tortue et le coq… Mais ce n’est pas le seul : Lug, Teutatès, Esus possèdent également des similitudes et ont autant de raisons d’être considérés comme des équivalents de Mercure. Les dieux celtiques sont polyvalents, et on peut donc les assimiler à presque tous les dieux romains, et inversement. C’est pourquoi il semble qu’il faille être prudent dans la comparaison des deux mythologies.

    Ce qui est essentiel, pour la compréhension du personnage de Cernunnos et du symbole d’où est issu son mythe, c’est que la ramure qu’il porte sur la tête est celle d’un animal qui la perd chaque hiver pour la recouvrer plus splendide encore au printemps suivant. Les bois du cerf tombent en février et repoussent de mars à septembre, en comptant un andouiller de plus chaque année. Ils atteignent leur plein épanouissement au moment où toutes les forces de l’animal vont être consacrées, après une lutte contre les rivaux, à la fécondation des femelles. Cernunnos peut ainsi être perçu comme la force fécondante et le cycle d’un renouvellement, et cela concerne  la vie de l’âme et celle de la nature. Chez les Celtes, les deux premières fonctions caractérisent les divinités ouraniennes et sont donc consacrées à l’Air (chez les Germains, équivalent des Ases), la troisième fonction comprend les divinités de la terre, du feu et de l’eau (Vanes chez les Germains).  Il faut ranger dans cette catégorie tous les dieux et déesses qui ont un rapport avec la prospérité, la santé, l’agriculture, la chasse, la paix, les eaux, l’amour et la fécondité.
 
   cerf1.jpg   Cernunnos est un dieu caractérisé par l’abondance, caractère qui est prouvé par de nombreuses figurations : sur l’autel de Reims il déverse un sac plein de monnaies ou de grains en présence d’un cerf et d’un taureau (Cf St-Cornely) et il est entouré de Mercure et d’Apollon. A Somecourt (Vosges), il est accompagné d’une déesse qui porte une corne d’abondance. A Autur, il a trois visages et tient deux serpents à tête de bélier, symboles de la fécondité terrestre. La déesse abondance qui tient souvent compagnie à Cernunnos porte différents noms : il est question d’une déesse Actio (ourse), d’Arduinna (qui donna son nom aux Ardennes), de Rosmerta « La grande pourvoyeuse », qui porte une corne d’abondance ou une corbeille de fruits.
    Il ne faut pas perdre de vue que les Celtes ont été d’excellents agriculteurs et que toute leur civilisation est basée sur le travail de la terre. Dumézil a souligné le fait qu’il n’ait pas trouvé de dieu typiquement laboureur en Gaule. Il explique le fait en supposant que les travaux des champs étaient laissés aux esclaves ou aux femmes et ajoute : « Ceux qui veillaient au lait et aux épis, c’étaient sans doute des démons, ou des génies mineurs, asservis et tenus à merci par les grands dieux  ». Cernunnos semble être ce dieu laboureur : peu importe qu’il ne porte pas de gerbes de blé comme Saint-Isidore honoré dans nos campagnes, ou la bêche comme Saint Fiacre. Pour les Gaulois l’abondance était synonyme de labourage puisque l’un n’allait pas sans l’autre. D’autre part, il est impensable que ce peuple agriculteur néglige à ce point cette fonction.

   
Ce ne sont pas seulement des monuments qui  illustrent Cernunnos dans son rôle de maître de la Nature. Ainsi le Mabinogi (héritage d’une tradition orale), avec le conte «Owein et Lunet, ou la Dame de la fontaine », pourrait témoigner de la présence de Cernunnos au sein du récit : un des guerriers du roi Arthur, Kynon, raconte une de ses aventures de jeunesse. Il était parti en quête de périlleux exploits et, sur son chemin, avait demandé l’hospitalité dans un château. Comme, au cours du repas, il insistait pour qu’on lui indiquât un adversaire terrifiant avec qui se mesurer, le châtelain lui explique comment il pourra rencontrer le chevalier noir, gardien d’une fontaine magique. Après avoir suivi un chemin bifurquant à droite, il aura à demander sa route, au maître de la forêt : « Suis-le jusqu’à une grande clairière unie ; au milieu s’élève un tertre sur le haut duquel tu verras un grand homme noir, aussi grand au moins que deux hommes de ce monde-ci ; il n’a qu’un pied et un seul œil au milieu du front ; à la main il porte une massue de fer, et je te réponds qu’il n’y a pas deux hommes au monde qui n’y trouvassent leur faix. Ce n’est pas que ce soit un homme méchant, mais il est laid. C’est lui qui garde la forêt, et tu verras mille animaux sauvages paissant autour de lui. Il se montrera bourru à ton égard, mais il t’indiquera un chemin qui te permettra de trouver ce que tu cherches.  » Kynon, dès le lendemain, se rend à la clairière. Il lui semble qu’il s’y trouve trois fois plus d’animaux que ne lui avait dits son hôte. Il voit l’homme noir assis au sommet du tertre, qui lui paraît plus grand encore que son hôte ne lui avait indiqué. Quand à la massue de fer, il a l’impression que ce n’est pas deux hommes, mais quatre, qu’il lui faudrait pour la soulever. Il salue l’homme noir, qui ne lui répond que de façon bourrue. Il lui demande quel pouvoir il a sur les animaux qui l’entourent et, pour lui en faire la démonstration, le géant prend son bâton et en décharge un bon coup sur le cerf. Le cerf fait entendre un bramement, et tout aussitôt accourent de toutes les directions des multitudes d’animaux « en aussi grand nombre que les étoiles dans l’air ». Il y a « des serpents, des vipères, toutes sortes d’animaux ». Le géant jette les yeux sur eux et leur ordonne d’aller paître. Ils baissent la tête en lui prodiguant les mêmes marques de respect que des vassaux envers leur seigneur. « Vois-tu, petit homme, dit le maître, le pouvoir que j’ai sur les animaux. »
On trouve plusieurs interprétations de ce récit possibles : Celle de Y. Brékilien : « Dans ce récit, le Maître de la Nature n’arbore pas de ramure de cerf, mais les Mabinogion ont été mis par écrit par des chrétiens, probablement même des moines, qui ne pouvaient se permettre de dépeindre le dieu cornu de leurs ancêtres païens, à moins d’en faire le diable en personne, ce qui n’aurait eu aucun sens dans l’histoire de la quête de Kynon. Il est cependant manifeste qu’il s’agit bien de Cernunnos. Il est entouré d’animaux comme sur le vase de Gundestrüp, il est bien en connexion avec le cerf, puisque c’est par le truchement de cet animal qu’il exerce son pouvoir ; et enfin on ne manque pas d’insister sur la présence de serpents, comme il convient toutes les fois que l’on a affaire à Cernunnos. » On trouve également une interprétation faisant de ce gardien de la nature, ce passeur, une figure du dieu Dagda.
   

Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes - Communauté : La ronde des mythologies
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 14:50



Il est des recueils de conte dont on a ouï-dire et dont on voudrait absolument en lire le contenu. Le Mabinogi fut l’un de ceux-là. Si vous ne connaissez pas ce précieux recueil, je glisse sous ces quelques lignes des liens avec le texte (en plus ou moins jolies pages web ;) )

 

 Voir ici...

...Et là

 

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Le plus fameux recueil gallois est celui des Mabinogion, généralement présenté comme « les jeunesses de Galles », autrement dit : ce qu’il fallait que chaque apprenti ménestrel connaîsse. Il fait partie du Livre rouge d’Hergest (XIIIème siècle), dont presque tous les vers ont été perdus.
Ce livre contient également un pêle-mêle de 58 poèmes appelés le Livre de Taliesin, dans lequel on trouve les vers incidents d’un Roman de Taliesin qui n’est pas compris dans le Mabinogi. C’est à Lady Charlotte Guest que nous devons une des premières traductions de ce fragment.

 

  • Les manuscrits :

 

La collection de ce que Joseph Loth (à la suite de Lady Guest) appelait les Mabinogion est contenue dans deux manuscrits principaux, le Livre Blanc de Rhydderch et le Livre rouge de Hergest. Le Livre Rouge a été copié par plusieurs scribes entre 1380 et 1410 et paraît être postérieur d’une génération au Livre Blanc qui daterait d’environ 1350. Leurs textes sont très proches, et l’on est sûr que l’un des scribes du Livre Rouge a utilisé le Livre Blanc, au moins pour les révisions. Le Livre Rouge est un volume très important qui contient beaucoup d’autres textes en plus des Mabinogion, notamment un corpus de poésie.

 

  • Le terme de Mabinogi :

 

Depuis l’édition des Quatre Branche du Mabinogi par Ifor Williams, on admet que le terme de « Mabinogi » désignait exactement le cycle de quatre contes intitulés « Pwyll », « Branwen », « Manawydan » et « Math ». Le terme pose apparemment problème depuis un moment, et les chercheurs ont expérimentés toutes sortes d’hypothèses au sujet du terme. Jusqu’au début du XXème siècle, on a supposé que mabinog signifiait « apprenti barde », mais cette supposition n’a aucune véritable base solide. Dès le Moyen Âge, le mot a reçu un emploi de nom commun, avec le sens d’ « exploits d’enfance ». Dans la traduction de Pierre-Yves Lambert, ce dernier écrit : « Les contes gallois ici présentés sont donc de nature et d’origine diverses : on trouvera d’abord les Quatre Branches du Mabinogi, puis quelques contes reliés de près ou de loin à la légende d’Arthur ou à d’autres légendes royales. »

 

  • Les contes et les conteurs dans la société médiévale galloise :

 

Les contes qui ont été traduits ici sont désignés de différents noms : Cyfranc (« rencontre » ou « combat »), chwedl (« conte », « dit »), hystoria (« histoire »). Les différentes branches du Mabinogi  sont aussi qualifiées de Chwedl. Le conte se dit aussi Cyfarwyddyd, de cyfarwydd (le nom du « conteur ») : ce mot signifie « information, connaissance » et qualifie bien le conteur comme un guide, un instructeur. Comme en Irlande, c’était la classe des poètes gallois qui était chargée de garder en mémoire les contes traditionnels ; ce fait doit être expliqué, car il permet de comprendre la valeur sociale du conte, et son style plus aristocratique que populaire.

 

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Le Mabinogi :


la première branche du livre s’intitule « Pwyll ». Il est le personnage central mais c’est surtout le rôle même du roi qui est le sujet de ce conte. C’est une « légende royale », attachée à rappeler les origines d’une dynastie (les Princes de Dyved). C’est aussi un mythe fondateur, qui a pour but de rappeler au prince et à ses sujets quels sont les principes de conduite à respecter. Dans les deux premiers épisodes, Pwyll est opposé au roi de l’autre monde, Arawn, puis à une cavalière surnaturelle, Rhiannon, qui deviendra son épouse.


Branwen : la deuxième branche du Mabinogi est centrée autour du thème des « relations étrangères », à savoir la guerre et la paix  avec les pays d’outre-mer, essentiellement l’Irlande. Au début du conte se produit l’union entre Branwen, sœur du roi Bran-le-Béni et Matholwch roi d’Irlande. C’est une union bien fragile ; on ne compte pas les souffrances, les pièges et les massacres gratuits qui peuplent ce conte. La portée morale en est la suivante : défiance envers les étrangers, illustrer le triste destin des princesses unies à des rois étrangers, ainsi que le sort hasardeux et catastrophique qui mène toute entreprise militaire. Je rajoute ici une petite note au sujet du nom de Bran-le-Béni (parce que tout ce qui tourne autour du nom « Bran » éveille ma curiosité !) : ce géant que ne peut contenir aucun navire, aucune maison, porte le nom du corbeau (le grand corbeau, Corvus Corax), un animal qui, dans le monde celtique, incarne la divinité de la guerre, car il se repaît du sang des guerriers morts au combat.


Manawydan fils de Llyr ; ce sont des questions matérielles qui préoccupent le héros, à savoir : se trouver un toit et une terre (avec la terre, il recevra la main de Rhiannon). Cette troisième branche pourrait illustrer le fonctionnement de la troisième fonction dumézilienne (dans sa démonstration tripartite sur le fonctionnement des sociétés indo-européennes).


Math fils de Mathonwy : le conte s’organise en quelque sorte autour de deux couples oncle-neveu. C’est i mabinogion rhiannon l’antagonisme de deux magiciens, le roi Math et son neveu Gwydion (caractérisé comme le meilleur conteur). C’est ensuite la relation initiatique et formatrice entre Gwydion et son nevey Lleu. La première partie conte la rébellion des deux neveux de Math, Gwydion et Gilvaethwy. Pour permettre à son frère de satisfaire ses instincts, c’est-à-dire de posséder la demoiselle que protège le roi Math, Gwydion provoque une guerre avec le royaume de Pryderi, de façon à éloigner le roi de sa cour. La magie est mise au service des désirs brutaux du personnage.

 

L’ouvrage contient également une section intitulée « Les autres contes », ceux de Kulhwch et Olwen, Le songe de Maxen, Le conte de Lludd et de Lleuelys et le songe de Rhonabwy. On trouve aussi les « Trois romans », Owein ou le conte de la dame à la fontaine, L’histoire de Peredur fils d’Evrawc et le Conte de Gereint fils d’Erbin. Je n’ai pas encore lu tous ces contes !
En revanche, il contient aussi la fameuse Histoire de Taliesin dont je vous parlerai dans mon prochain article. Bonne lecture et bon voyage en terres gaëliques !

 

 

  • Sources:

- Les mythes celtes, la Déesse blanche de Robert Graves

- Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge de P-Y Lambert

Par Trøll - Publié dans : Bouquins - Communauté : partageons nos lectures
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Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 22:51

 

Brian Boru

(prononciation « Bree-an-Bur-oo)

(926-1014)


brian-boru.jpg

 

 

Il était le chef des Dálglais sept de Co Clare et Haut-roi d’Irlande de 1002 jusqu’à sa mort. Le nom Brian était apparemment assez utilisé à cette époque, adaptation du Briún postérieur et probablement sous l’influence du breton Brien. Il est plus couramment écrit « Bórumha » ou « Bóirmha » en irlandais. Il fut surnommé Boru, ou Borou, c’est-à-dire « aux tributs ». Brian était le fils du chef des Dálglais, lui et son frère aîné Mathghamhain étaient particulièrement « engagés » contre l’invasion nordique, jusqu’à ce que Mathghamhain devienne roi de Munster (à cette époque, la dynastie de Munster décline, meurtres, rivalités de succession allaient la conduire à sa perte) en 968. Cependant, huit ans plus tard, Math fut traitreusement assassiné et Brian devint le « leader » des Sept.  Brian remporta la victoire de Glen Mama, en 999, sur le roi de Leinster, écrasa les Danois et récupéra Dublin. Il se fit reconnaître Roi suprême d’Irlande et le roi de Tara –fait unique- lui fit sa soumission. Brian Boru sut s’imposer, sans doute pour la première fois dans l’histoire du pays, son autorité sur l’ensemble de l’île. Il reconstruisit forteresses et châteaux, églises et couvents, routes et ponts. Il fit rebâtir de nombreux monastères et les dota richement, il s’efforça de reconstituer les bibliothèques détruites ou amoindries par les pillages et imposa Armagh comme métropole religieuse irlandaise.


    La victoire de Brian à Clontarf le « Good Friday » (vendredi saint) de l’année 1014 est l’un des moments mythique dans l’histoire de l’Irlande, c’est surtout une étape définitive dans la création d’une nation irlandaise. Cela marque aussi le renversement final du pouvoir viking en Irlande, et le récit traditionnel de la bataille est basé entièrement sur le texte « Cogadh » ( Codagh Gaedheal re Gallaibh, XIIème siècle). C’est en effet grâce à Brian qu’une monarchie forte et centralisée fut établie en Irlande par la force des armes. Brian mourut, tué au soir de la bataille, lorsque la défaite des Vikings assurée, la protection du roi se relâcha. Il périt d’un coup de hache asséné par un chef danois nommé Brodir. Brian fut enterré à Armagh.


    Après sa mort, l’île retomba dans les luttes tribales et les rivalités pour la suprématie de Tara continuèrent. Ce fut ironiquement à Mael Sechnaill, roi de Tara contre qui Brian avait longtemps combattu, qu’échut la royauté suprême jusqu’en 1022. L’Irlande se battit contre les Norvégiens et les rois irlandais entre eux, dans l’anarchie féodale qui leur était coutumière, jusqu’à la mort du « Ard Ri », Turlough O’Connor, roi du Connaught. Il mourut en 1156, et en 1162, Rory O’Connor son successeur, devint de plus en plus puissant.

 

 

  • Voir aussi Brian Boru (harpe), réputée pour être celle de Brian Boru, mais datée du XV ou XVIème siècle.

 

harp.jpg

 

  • J’ai également choisi de mettre ici les paroles de la chanson d’Alan Stivell du nom du héros irlandais. Tout d’abord parce que c’est un morceau que j’affectionne particulièrement pour sa mélodie, et ensuite parce que les paroles sont vraiment bien écrites et traitent d’un sujet qui me plaît beaucoup. Cette chanson est interprétée avec la douce voix de Caitlin Maude (mais pas sur le lien ci-dessous -_-°).

 

Brian Boru par Alan Stivell   -    Version française

Brian Boru, Cruachan

Loreena Mckennitt, Brian Boru's March (Vraiment très jolie!)

 

 


Paroles de la chanson « Brian Boru » d’Alan Stivell

 


Marv Brian Boru 'rein buhez 'n Iwerzhon
Dihan e Bro-Ulad ha ba ker Dulenn
Undedan tiegezhn unded an dud-man
Unded ar Gelted hag an douar

Maraiodh Brian Boru chun beatha nna heireann
Siochain in gcuige Uladh agus i mbaile 'cliath
Aontacht an teaghlaigh, aontacht na dtuath
Aontacht an domhain is na gCeiltteach

Diouzh nerzh ar c'hadou da nerzh an ehan
Diouzh 'bed doueek bennozh ar c'haroud
O neart an chata go neart na siochana
On brith dhiaga beannacht an ghra

Duirt siad gurbh i seo sochraide ar muintire
Gur choir duinn bheith sollunta fein
Biodh nach Raibh bronach

Marv Brian Boru 'rein buhez 'n Iwerzhon
Dihan e Bro-Ulad ha ba ker Dulenn
Undedan tiegezhn unded an dud-man
Unded ar Gelted hag an douar

Ta muid 'nos ha haimsire
Go hairid an ghrian
Agus thogh muid ait bhog cois abhann.

 

(Traduction anglais & français ici )


Brian-Boru-alan.jpg
Notes supplémentaires d’Alan Stivell :

Transmuter l'énergie de guerre en énergie de paix.



« Mort brian Boru donnant vie en Irlande
Paix en Ulster et dedans Dublin
Unis les Celtes et la terre
De la force des combats à celle de la paix
Du monde divin, bénédiction de l'Amour. »

They said that we were shameless celebrating our love

With devastation all around us

We are like the weather, specially the sun

And we chose a soft place by the river” (Caitlin Maude)

 

Site officiel Alan Stivell

 

 

Sources

 

  • Ouvrages généraux

 

  • Les Celtes et la civilisation celtique, Jean Markale, Payot (chapitre VI, Histoire des Gaëls)
  • Les Celtes; Les Rois oubliés, Marcel Brasseur, Terre de Brume éditions (chapitre II, l’Irlande)
  • Myth, legend and romance: an encyclopedia of the Irish folk tradition, Dr Daith’O’Hogain, Ryan publishing

 

  • Musique

 

  • Brian Boru, Alan Stivell, Keltia Musique, 1995

Par Trøll - Publié dans : Héros Celtes - Communauté : La ronde des mythologies
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.I.

  • : L'antre de Trøll
  • L'antre de Trøll
  • : Bienvenue dans mon antre, où règnent mythologie celte, légendes et lectures diverses et où poussent les racines d'hellébore... Bonne visite

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