Vendredi 13 novembre 2009
L’alphabet dit ogamique est la dernière des écritures employées par les
anciens celtes. Elle est attestée uniquement dans les régions insulaires qui n’avaient été que faiblement marquées par l’influence romaine: l’Irlande en est le pays d’origine, mais elle est
également connue au pays de Galles, dans l’île de Man, en Ecosse et en Cornouailles. Elle fut vraisemblablement introduite dans ces régions par les invasions maritimes de groupes gaéliques,
particulièrement intenses à partir de la fin du IIIème siècle après JC.
La lecture d’une stèle ogamique se fait du bas vers le sommet. Elaborée probablement à partir d’un système de numération sur bois par encoches, cette écriture cryptique a peut-être été utilisée à
l’origine à des fins magiques. Les textes irlandais évoquent l’emploi de bâtonnets en bois d’if, arbre particulièrement vénéré, inscrits en ogam par les druides à des fins divinatoires. On trouve
aussi des indices de son utilisation dans des transactions commerciales et pour le bornage des terrains.
Le fait que le bois était le support naturel et originel de l’écriture ogamique explique probablement l’association des différents signes à des noms d’arbres qui commençaient par la lettre en
question.
L’importance des arbres dans la vie quotidienne des Celtes était crucial : L’arbre, c’est la vie : il est axe du monde, il unit la terre au ciel. Il porte en lui l’espoir de la résurrection,
puisqu’on le sait, lorsqu’il perd ses feuilles, qu’elles repousseront au printemps. Noter aussi l’arbre primordial appelé l’if de Mugna, c’est-à-dire l’if du Saumon. Il porte des fruits
merveilleux qui tombent dans une source où ils sont mangés par un saumon, symbole de la connaissance. Cet if, arbre au feuillage toujours vert, est donc l’arbre de la connaissance.
L’alphabet des arbres fut en usage jusqu’a environ 700 de notre ère. ( ? ) L’utilisation de cet alphabet était symbolique, et ne servait pas au langage où à l’écriture
au sens moderne du terme. Chaque lettre était le centre d’une multitude d’idées et de pensées, se rapportant à la cosmologie et à la philosophie celtique.
Il n’est pas innocent de souligner que le bouleau, premier arbre de l’alphabet ogamique, est l’arbre le plus ancien de Grande Bretagne. Selon la loi de Brehon, les arbres de l’alphabet de
l’ogham étaient divisés en trois catégories : Chef, paysans et arbustes. Cette hiérarchie était plus due à l’importance symbolique de chacun pour les druides, qu’à leur stature ou à la forme
physique.
Version condensée des signes de l’ogham
B Beith - Bouleau Premier mois, novembre.
L Luis - Sorbier Décembre
F Fearn - Aulne Janvier
S Saille - Saule Février
N Nuin - Frêne Mars
H Huathe - Aubépine Avril
D Duir - Chêne Mai
T Tinne - Houx Juin
C Coll - Noisetier Juillet
Q Quent - Pommier
M Muin - Vigne Août
G Gort - Lierre Septembre
Ng Ngetal - Roseau Octobre
SS Straif - Epine noire
R Ruis - Sureau Treizième mois, les trois derniers jours d’octobre.
A Ailim - Pin argenté
O Ohn - Ajonc
U Ur - Bruyère
E Eadha - Tremble
I Ioho - If
CH Koad - Bosquet
TH Oir - Fusain
PE Uilleand - Chèvrefeuille
PH Phagos - Hêtre
XI Mór - la mer
Signification des arbres
Beith (Bouleau): Chaque année a un nouveau départ, il en est de même pour l’année celtique. Elle commence le 1er novembre, après la célébration de Samhain.
L’année celtique a treize mois lunaires, chacun appelé du nom d’un arbre. Le premier est le bouleau au tronc blanc. Dans l’île de Man, au large de la côte ouest de l’Ecosse, les criminels étaient
fouettés (birched de birch, bouleau) de façon cérémonielle avec du bouleau, pour ôter d’eux les mauvaises influences. La nouvelle année ne pouvait commencer que lorsque la précédente avait
été chassée.
Si l’on considère la forêt celtique, qui il y a longtemps recouvrait tout le Royaume-Uni, le bouleau se dresse comme un arbre gracieux, mince, avec un tronc blanc reconnaissable. Le blanc peut
vouloir indiquer la pureté et la détermination à vaincre les difficultés.
Luis (Sorbier): cet arbre jouit depuis longtemps d’une réputation d’être une protection contre les enchantements. Son nom [ rowan ] est lié au nordique
runa, un charme.
Avec certains autres arbres, le sorbier jouait un rôle central dans les cérémonies druidiques. Et même à une époque récente, ces croyances ont donné lieu à des pratiques dans différentes régions de
la Grande-Bretagne : au nord, des rameaux de sorbier étaient fixés aux étables pour protéger les animaux, et à Strathspey, les fermiers conduisaient leurs chèvres à travers des cercles faits de
branches de sorbier. Des brins de l’arbre étaient placés au-dessus de la porte principale de la maison, et aussi portés par la personne pour se protéger du « mauvais oeil ». En Pays de
Galles, ou Cymru, on plantait des sorbiers dans les cimetières pour veiller sur l’esprit des morts, comme ailleurs on mettait des ifs.
Duir (Chêne): Chaque maison a une porte de devant. Si vous voulez y entrer, il faut que vous vous approchiez de la porte, et que vous fassiez connaître votre
présence. La porte peut alors être ouverte. Le mot anglais pour porte, door, vient du gaélique duir, exprimant la solidité, la protection, et désignant le Chêne. Dans la forêt essentielle,
le Chêne est roi. Il se dresse, puissamment solide, avec des grandes branches, et soutenu par des racines encore plus grandes. Il est souvent frappé par l’éclair. La force du coup et de la chaleur
fait sortir la sève du tronc, laissant celui-ci rabougri et flétri. Mais il parvient à survivre, au fil des ans, des décennies, des siècles. Sa croissance est lente mais sûre. Ses enfants
deviennent de magnifiques répliques de lui-même, et il est un jalon, une pierre d’angle et un refuge dans la forêt.
La place du chêne dans le calendrier lunaire celtique est au septième des treize mois. Il est central et se tient entre Huathe, Aubépine à sa gauche et Tinne, le Houx, à sa droite. Son mois est
celui de la danse vernale de la fertilité, quand tout est fécondé pour les mois estivaux à venir.
Coll (Noisetier): Selon la tradition celtique, Fintant, « l’ancien Blanc », était capable de prendre la forme d’animaux, dont l’une était le
saumon. Les saumons sont associés au Noisetier dans la légende irlandaise, nageant dans la Boyne sous le noisetier d’où sont tombées neuf noisettes de sagesse. Elles furent mangées par le saumon
qui absorba l’inspiration qu’elles contenaient. Le noisetier est aussi fortement associé avec la méditation et la médiation. Les Druides héritèrent la connaissance des mesures et du calcul des
lignes d’énergie des géomètres préhistoriques représentés dans la figure taillée dans la craie du « Long Man de Wilmington », portant des bâtons ou des baguettes. Savants légistes
également, les druides étaient consultés quand il y avait des litiges concernant la propriété et les limites des terrains.
On a toujours utilisé des branches de noisetier pour la divination, à cause de leur flexibilité et de leur affinité avec l’eau.
Quert (Pommier): Il est tout à fait vraisemblable que le Pommier de l’alphabet de l’ogham soit le pommier cultivé et non le pommier sauvage. Pomme, dans les langues celtiques et slaves, se
dit de la même façon, indiquant une racine linguistique commune pour un fruit qui fut cultivé dans les temps les plus anciens. La pomme est associée au choix.
( Je n’ai pas mis l’explication de la totalité des arbres de l’ogham, pour raison d’un petit manque de temps ;) )
Sources:
- Les celtes, histoire et dictionnaire, Venceslas Kruta
- Le tarot celte des arbres, Liz & Colin Murray
- La mythologie celtique, Yann Brekilien
Par Trøll
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Publié dans : Mythologie Celte
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La Sève et le givre
Léa Silhol
<< Trois fois les Parques ont parlé:
Finstern, Roi de la Cour de Dorcha, doit mourir. Seule la belle Angharad peut contrecarrer la mort de Finstern, ou la précipiter. Elle ignore son propre destin, et le prix à payer pour accomplir sa
mission… Dans la funeste partie d’échecs qui s’engage entre les Cours d’Ombre et de Lumière, la Reine Blanche devra trouver sa voie. >>
Rédactrice en chef de la revue Requiem, elle a dirigé de nombreuses anthologies, notamment les séries << Emblémithyques>> où elle est éditrice. Romancière
et nouvelliste, Léa Silhol inscrit dans le paysage de l’imaginaire français un style très personnel que certains s’accordent à appeler de la « Hard Fantasy ». Conteuse plus qu’écrivain, elle
aime à tisser des trames nouvelles sur les anciens canevas des mythes et légendes du monde entier. Son premier roman de fantasy, La Sève et le givre, a reçu le prix merlin en 2003. La suite de ce
roman est à paraître.
Léa Silhol
pour Elegy
Je me suis permise de recopier ces résumés succincts du livre dont j‘ai fais l‘acquisition..
J’avoue l’avoir fait un peu par hasard, en surfant de pages en pages où nombre de lecteur semblaient conquis par cet ouvrage. Et mon avis est que…La Sève et givre est merveilleux. J’ai eu un
coup de cœur pour ce récit dès les premières pages. C’est d’une sensibilité touchante, c’est simplement beau. On entre dans un univers féérique où l’on côtoie les créatures les plus diverses, où
l’on croise la mythologie celte et la féérie écossaise. Voyage glacial en compagnie d’Angharad, on dévore l’histoire tout simplement. Le seul bémol est que mon pessimisme récurrent me fait
profondément douter quant à la suite qui doit paraître. Mais ne parlons point trop vite et réjouissons-nous des fils enchanteurs de Léa Silhol…
Dites au père Ryan de ne pas faire de prières
Pour mon retour, car je suis à ce jour,
Retranchée des bénédictions et au-delà des anathèmes.
Il n’est pas de ciel là où nous chevaucherons.
A une allure impensée en vos écuries,
Avec les dieux de jadis et les fils de Finn,
Avec les souveraines des anciennes fables,
Et les rois vainqueurs de ce que gagnent les épées;
Vous pouvez entendre notre cavalcade
[au-dessus de vos toits,
Par des nuits aussi calmes que le tournoiement
[des planètes
Mais ne prenez la peine de quitter votre table
Pour appeler mon nom. Je n’entrerai pas
Car je vous ai quittés pour le Peuple des Fées.
Lord Dunsany
Recommandé +++ !
9/10
Le site de la Tisseuse
Un joli site de fans
Par Trøll
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Vendredi 25 septembre 2009
Le dernier chant du Barde
& Autres histoires
Patrick
Caudal
Edition le pré aux clercs
L’auteur ( biographie succincte )
Patrick Caudal est linguiste au CNRS et conteur professionnel. Après avoir cofondé une association de
conteurs à Oxford, et animé l’atelier contes de la mission Bretonne à Paris, il a rejoint l’atelier contes de l’Atelier Farenheit 451 du Centre de littérature orale de Vendôme, dirigé par Bruno de
la Salle.
Il est également directeur artistique de la Barque de mots, association de conteurs spécialisés dans la tradition celtique. Dans ses spectacles, il narre les anciens récits bardiques s’accompagnant
du bodhràn.
Résumé
Ce recueil de contes bardiques permet au lecteur de parcourir les plaines Irlandaises « en écoutant la rumeur de leurs exploits et
de leurs amours, d’aborder Tĺr Na N’óg, terre de jeunesse, l’Autre Monde, de voyager sous le manteau d’invisibilité de Manannan mac Lir.
Enfin, l’auteur nous fait découvrir le dernier chant du barde : au murmure des vagues se mêle la dernière prophétie du barde Gwenc’hlan, qui annonçait la fin du règne de Comorre et de sa tyrannie
de fer et de sang sur l’île et la presqu’île de Bretagne ".
[!!!] Désolée pour les mots où les I avec accents manquent, mais je ne trouvais pas le caractère correct.
Avis/critique
Ce livre est une bonne initiation et découverte des contes celtes. Ces derniers sont rédigés sans prétention. Il s’agit, la plupart du
temps, de « résumés » ou de fragments du cycle d’origine.
Cela permet une grande facilité de compréhension et de lecture du conte.
Voici les contes rassemblés:
- Oisin, barde des héros
- La poésie incarnée
- Quelques joyeux contes bardiques
# La vision d’Anier Mac con Glinne
# La mésaventure du conteur
- Amours et héros de l’Irlande ancienne ( fragments du cycle d’Ulster )
# Comment l’histoire de la Tain fut retrouvée
# L’exil des fils d’Uisliu
- Magies bardiques du Pays de Galles
# L’Ystoria
Taliesin, ou le conte de Taliesin
# L’histoire du lac de Bala
- Le dernier chant du barde ( ou le Cycle de Domorée )
# La première prophétie de
Gwenc’hlan
# La légende de Trifina
# La seconde prophétie de
Gwenc’hlan
Bien qu’il s’agisse de fragments, les contes sont accompagnés de nombreuses notes en fin d’ouvrage, qui sont très précieux et utiles au lecteur.
Je tiens à citer la postface de l’auteur sur un point : « Cet ouvrage doit son titre au fait qu’il regroupe des contes attribués, par la tradition orale littéraire des régions de langue
celtique, à des bardes eux même légendaires. Mais qu’on ne se méprenne pas sur sa nature : c’est un livre de plaisir et de fiction, et non un livre savant. Même s’il est le fruit d’une longue
fréquentation de travaux sur la tradition orale populaire Bretonne, Irlandaise écossaise et galloise d’une part, et ( surtout ! ) de la littérature celtique ancienne d’autre part ce qui d’ailleurs
suppose une certaine familiarité avec la littérature théorique, l’une ne pouvant aller sans l’autre : la matière celtique authentique est avant tout le domaine des philologues, des historiens des
religions… »
Bref une bonne lecture, simple et sans prise de tête. Et qui donne envie d'en découvrir plus et de lire davantage de choses sur les contes irlandais (;
Par Trøll
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Biographie
Summoning a été formé approximativement en 1993, par Silenius (Michael
Gregor), Protector (Richard Lederer) and Trifixion (Alexander Trondl).
" A l’époque de ce premier album et de la formation du groupe (1993), Summoning n’avait pas encore trouvé son propre style (ce n’est pas moi qui le dis, c’est
Silenius !). Lugburz est un album qui sonne très black métal et se trouve à des lieues de leurs productions actuelles. A ses débuts, le groupe était composé de trois membres : Silenius
(qui faisait partie d'un autre groupe de Black : Abigor); Protector qui jouait jusqu’alors dans un groupe de trash ; et enfin, Trifixion qui devient le batteur de Summoning (et, je ne sais pas
trop ce qu'il est devenu…). Avant d’enregistrer leur premier album, Summoning avait sorti 2 démos qui ne se vendront pas trop mal dans un magasin de Vienne (Le magasin se nommait " Why
not " pour ceux qui aiment les détails). Le premier album de Summoning (et les suivants) ainsi que celui d’Abigor sortira sur un label qui était alors tout frais éclos : Napalm Records.
Après l’enregistrement de Lugburz, Trifixion sera remercié et Summoning se tournera dès lors vers un autre style, beaucoup plus atmosphérique. Changement notoire qui aboutira à " Minas
Morgul " sortit en 1995.
Summoning construit sa musique autour de rythmes assez lents, de
thèmes, qui reflètent une atmosphère médiévale, joués par des synthés renforcés et par des guitares à disto très métal ainsi que des voix d’Elfes écorchées appuyées par une réverbération souvent
très profonde. Il en résulte une atmosphère prenante, émotionnelle et majestueuse en laquelle on retrouve l’univers magique de JRR Tolkien. Lire une oeuvre de Tolkien en écoutant du Summoning,
c'est vraiment magique (pas d'autre mots!).
Toujours sur le chemin de Tolkien, sort, fin 1996, " Dol
Guldur ". Rappelons au passage que les titres d’albums proviennent de Tolkien (d’accord, vous vous en êtes sûrement douté…) tout comme pas mal de titres de chansons ; on trouve même sur
les différents albums des vers tirés directement des poèmes de Tolkien. Peu de temps après Dol Guldur, vient " Nightshade Forest ". Sorti en 1997, c’est un Mini CD avec quatre chansons.
Toujours dans la même lignée mais peut être un peu plus mélancolique que les précédents. 1999, sorti de " Stronghold ", moins hypnotique mais plus heavy de par le fait que la guitare
tient une place un peu plus importante. Après l’influence du Silmarillion sur " Stronghold ", le prochain album sera sûrement plus inspiré par " The Book of The Lost Tales ",
livre contenant de nombreux textes de JRR Tolkien regroupés par son fils Christopher (En version française sous le titre "Le livre des contes perdus") où on retrouve la mythologie des
Civilisations des Terres du Milieu (excellent en complément du " Silmarillion ").
La musique, et encore plus celle de
Summoning, reste le meilleur moyen de laisser son esprit voyager et de libérer son imagination. Laissez-vous guider par Summoning et découvrez que vos rêves, jusqu’alors noyés parmi les tréfonds
insondables de votre âme, se révèlent à vous et reflètent tout un univers, votre univers…" [ Source ici ]
Discographie
- Oath Bound ( 2006 )
- Lost Tales ( 2003 )
- Let Mortal Heroes Sing Your Fame ( 2001 )
- Stronghold ( 1999 )
- Nightshade Forest ( 1997 )
- Dol Guldur ( 1996 )
- Minas Morgul ( 1995 )
- Lugburz (1995 )
Liens
~ Summoning Site Officiel
~ Myspace Summoning
Et voilà, encore après une petite absence me voilà de retour !
Ayant fais l'acquisition d'un pc portable, je pense pouvoir tenir cet univers plus régulièrement à jour.
Bonne découverte à ceux qui ne connaissaient pas Summoning, et pour tous profitez bien de l'univers musical magique que ce groupe dégage ;)
Par Trøll
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Ana { Ou Anna, au, dana ou dòn }
Déesse mère des anciens celtes. En Irlande, c'est là mère des dieux, les fameux Thuatha Dé Danann [ tribus de la déesse Dana ] et son nom reste attaché à la toponymie, par exemple à deux sommets
des monts du Kerry qui sont appelés « Paps of Anu » { Les tétons d'Anu }. Dans la tradition galloise, sous le nom de dôn, elle est aussi la mère de certains dieux plus ou moins héroïsés, tels
Amalthon, Gwyddyen et Arianrod. Mais on peut aussi bien la reconnaître dans l'irlandaise Morrigane, dans la galloise Rhiannon ou Modron { Maternelle }, ou encore dans la fée Morgane des romans de
la table ronde. C'est en fait une divinité indo-européenne archaïque, connue en Inde sous le nom d'Anna Pourna (Anna la pourvoyeuse, appellation donnée ensuite à un sommet de l'Hymalaya), et à Rome
sous celui d'Anna Paronna, personnage qui, selon le rationalisme latin, a été fortement historicisé. Il est plus que probable que ce personnage divin a été christianisé sous l'aspect de sainte
Anne, mère de la vierge Marie, dont la légende bretonne fait une sorte de divinité tutélaire dans une tonalité celtique bien reconnaissable.
Cernunnos { Kernunnos }
Le maître des animaux sauvages ( Dieu aux bois de cerf, Cernunnos est sans doute un dieu de l’abondance).
Sa nature est essentiellement terrienne. Il est représenté âgé, il a les oreilles et les bois d’un cerf, et porte une torque [ collier gaulois ]. Il est souvent accompagné d’un serpent
à tête de bélier. Sur un basin d’argent doré trouvé à Gunderstrup, au Danemark, il est figuré assis en tailleur, entouré d’un grand cerf, de 2 taureaux, de 2 lions, et de 2 loups, alors que non
loin un enfant chevauche un dauphin. Ainsi, Cernunnos apparaît comme le maître des animaux sauvages, terrestres et aquatiques.
Sans doute manifeste t-il la force, la puissance et la pérennité ( symbolisée par la ramure ).
On le représente comme donateur, sur un autel conservé au musée de Reims, avec auprès de lui, un panier de victuailles, des gâteaux et des pièces de monnaie. Certaines stèles romaines provenant de
Dacie [ Roumanie ], l’assimilent à Jupiter le maître du ciel.
Dagda
L'un des plus importants dieux de l'Irlande païenne. Il est dieu druide et dieu des druides, maître des éléments et de la connaissance, juriste et redoutable guerrier.
Pendant la seconde bataille de Mag-turred, il entraîne les Thuatha Dé Dannan vers la victoire contre les fomoiré.
On le nomme Dagda parce qu'il est le « dieu bon », mais il a d'autres noms, tels Dagan, le « petit bon » ou encore Luadh Rofhossa, « le Rouge de la grande science ». Sa demeure est la Brug Na
boyne, autrement dit le tertre de New-grange. Il représente le même type divin que l'Odin-Wotan germanique. Il se distingue par sa gloutonnerie extrême et sa sexualité débordante, ce qui
l'apparente au Gargantua gallo-français. Il possède un chaudron dont le contenu est inépuisable, prototype du Graal, et une harpe magique qui peut jouer toute seule les air de la plainte, du
sommeil, de la mort ou du rire. Il a également une massue : s'il frappe quelqu'un avec un des bouts de sa massue, il le tue. S'il le frappe avec l'autre bout, il le ressuscite. C'est donc le dieu
de la vie et de la mort, parfaitement ambigu et doué de forces redoutables qui peuvent êtres bonnes ou mauvaises. Il est possible d'y voir l'équivalent gaëlique du Sucellos Gaulois ( mais il
pourrait bien être Ogma) ou du dieu au maillet souvent représenté dans la statuaire gallo-romaine. Dans les récits épiques plus récents, ainsi que dans les romans arthuriens, le personnage d'Ogma
apparaît souvent sous forme d'un « homme des bois » , un rustre, porteur d'une massue, et maître des animaux sauvages. Son caractère de protecteur de la communauté peut également l'apparenter au
teutatès- Toutatis gaulois qui est le « père de la tribu ». Il n'est pas exclus que l'image de Dagda ait contribué à la formation d'une certaine représentation du « bon dieu » de la religion
chrétienne populaire.
Ogmios
L’éloquence. Grâce à un lien magique, Ogmios attire les hommes par les oreilles. C’est un vieillard tout ridé, vêtu d’une peau de Lion. Il porte Massue, arc et
carquois. Il tire des foules considérables d’hommes attachés aux oreilles par une chaînette d’or dont l’extrémité passe par la langue percée du Dieu. D’après un texte de Lucien de Samsate, Ogmios
est l’éloquence sure de son pouvoir, le dieu qui, par sa magie, attire ses fidèles. Il est aussi le symbole de la puissance de la parole rituelle qui unit le monde des hommes et le monde des dieux.
C’est en son nom que l’on profère les bénédictions en faveur des amis et les malédictions contre les ennemis. En Irlande, on l’appelle Ogma. Il est l’inventeur de l’Ogam, ensemble de signes
magiques dont la force est si grande qu’elle peut paralyser l’adversaire. C’est aussi un guerrier qui, par les encouragements qu’il donne, participe efficacement à la bataille de Mag Tured.
Assimilé à Héraclès, dont la force est extraordinaire, Ogmios est plus le dieu de l’exploit et du combat singulier que celui de la guerre.
Ogmios ou Ogma peut donc être considéré comme le dieu-druide primordial qui unit le ciel à la terre.
Par Trøll
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