Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 22:12

...

Bonjour à tous,

MERCI énormément pour toutes vos visites.

Non, ce blog n'est pas abandonné, j'ai juste beaucoup de travail.

Mais je vous promets de le tenir très vite à jour.

 

Merci encore.

( Et pour patienter, quelques photos de la Bretagne en hiver!)    

Alatariel

 

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Par Trøll
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 23:17

 

Petit résumé, présentation et avis de l'article sur l'Autre Monde celte du magasine Histoire Antique et médiévale: l'Autre Monde dans les littératures celtiques et médiévales (mai/juin 2010) .


J'ai découvert ce magasine par hasard, suite aux suggestions d'un proche. J'avais déjà lu l'article de Religions & histoire dont je me suis servie pour mes articles précédents. J'ai décidé ici de vous le présenter pour vous donner envie d'approfondir le sujet, tout en étant pas obligé de lire un volume épais... :)

 

 

 

CernunnosHerne

 

 

 
Par Gaël Hily, docteur ès littératures celtiques médiévales


Avis :


Article qui permet une bonne approche de l’Autre Monde celte dans les littératures celtiques médiévales. Utile pour les néophytes ou tout amateur du sujet. Il suit plus ou moins le même plan que mes recherches mais est plus complet que mon médiocre travail ! Je vous fais partager les différentes parties du sujet traité (voir ci-dessous), si certains points vous intéressent, envoyez-moi un mail ( ;


Plusieurs aspects du travail de l’auteur m’ont paru importants : tout d’abord, les recherches étymologiques sur le terme d’Autre Monde (Síd, Andedion et Annwfn). Oui, je voue un culte particulier aux termes un peu bizarre ( :P), mais je trouve passionnant de trouver la racine d’un mot, de découvrir ses significations premières, ses dérivés, ses parallèles avec d’autres langues…

Quelques légendes sont évoquées pour illustrer le sujet, dont celles de Cù Chulainn, Pwyll & le voyage de Bran bien entendu. Une petite carte de l’Irlande illustre la « répartition de plusieurs sites de l’Autre Monde », utile pour se représenter « réellement » par où ont pu passer nos héros lors de leurs ascensions. Un aspect que j’ai négligé dans mon explication apparaît ici. Il s’agit du « Tír na mBan », c'est-à-dire la terre des femmes que l’on retrouve dans le récit de Bran, mais également du rôle des oiseaux envers l’Autre Monde (choix du cygne, de l’oiseau blanc opposé à l’oiseau noir type corbeau/corneille…); j’ai également apprécié le paragraphe qui traite de l’Autre Monde et de la royauté. En définitive, un bon article qui traite bien et de façon concise le sujet. Pas vraiment d’aspect(s) négatif(s) à retenir.                    

Pour finir, rien de tel que l’auteur lui-même. Je cite ici la conclusion de son travail, qui vous permettra peut-être de replonger dans le monde fascinant de l’Autre Monde…


« Les littératures celtiques ont conservé l’image d’un Autre Monde localisé dans des endroits où l’homme n’a pas d’emprise. En somme, il apparaît comme un lieu de perfection, où les problèmes de la société humaine n’ont pas leur place ; c’est en quelque sorte un pays paradisiaque, un pays relevant du rêve. Une telle conception merveilleuse peut expliquer l’attrait important suscité pour cet Autre Monde, autant par les traditions littéraires d’origine préchrétiennes, par les récits chrétiens que par la royauté, car l’idée de « paradis » est un thème capable de transcender les cultures et les religions. »    

Plan de l’article :


-    Présentation
-    Noms et localisation de l’Autre Monde
-    Répartition de l’Autre Monde souterrain en Irlande
-    Messagères de l’Autre Monde
-    Autre Monde et royauté


Articles secondaires :

 

Le voyage de Saint Brendan, De l’Andedion gaulois à l’Annwfn gallois, les oiseaux de l’Autre Monde.


Bibliographie :


-     Myles Dillon et Nora Chadwick, Les Royaumes celtiques, Crozon, 2002, Editions Armeline
-    Gaël Hily, l’Autre Monde ou la source de vie, Bruxelles, 2003, Mémoires de la société belge d’Etudes celtiques
-    Françoise le Roux et Christian-J Guyonvarc’h, Les Druides, Rennes, 1986, éditions Ouest-France
-    Jonathan M.Wooding ed, The Otherworld voyage in Early Irish Literature. An anthology of criticism, Dublin, Four courts Press

 

Brendan.jpg

 

(Illustration tirée de Brendan et le secret de Kells)

 

 

 

 

 

[Petite piqûre de rappel: mon blog bouquin est à visiter ici ! ]

Par Trøll - Publié dans : Mythologie Celte - Communauté : partageons nos lectures
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 19:41

Et voilà la suite de l'article sur l'Autre Monde celte ;)

J'ai également rajouté la liste de mes sources si vous êtes intéressés par quelque lecture.

 


                 La descente dans l’Autre Monde du Héros

 


celtique-sign-copie-1.jpg

 

a)      L’histoire de Bran Mac Febail

 

         Bran, fils de Febal et dont le nom signifie "Corbeau", est un héros qui fait connaissance avec l'Autre Monde. Son histoire est contenue dans un texte irlandais du Moyen Âge : Immram Brain Maic Febail ocus a echtra andso sis (La navigation de Bran, fils de Febal et ses aventures ci-après).

 Alors qu’il se repose à l’extérieur de son château, il entend un chant étrange qui lui vante les délices d’Emain Ablach, l’île des pommiers, célèbre île d’Avallon mentionnée dans les légendes arthuriennes. Il y règne neuf sœurs, toutes druidesses, parmi lesquelles Morgane la Fée (dont le Moyen Âge fera la demi-sœur d’Arthur). Bien qu’il soit entouré d’une nombreuse compagnie, Bran est le seul à entendre les vers de la messagère de l’Autre Monde. Ne pouvant résister à l’invitation magique, il se procure un bateau et s’en va avec « trois fois neuf » compagnons. Sur la mer, il est accueilli par Manannan Mac Lir. La première île que les compagnons abordent est occupée par des gens qui ne font que rire et ne leur prêtent aucune attention ; un des marins débarque, il est aussitôt pris d’un rire frénétique et refuse de remonter à bord. Après diverses aventures, ils approchent enfin de l’île des femmes (Tir na mBân). La reine lance un fil à Bran de façon à tirer le bateau, et tous débarquent. Toutes les femmes sont jeunes et magnifiques, chaque compagnon en choisit une, la reine se réservant comme de juste Bran. Ils vivent là plusieurs « mois » dans une félicité totale.

        Mais ils restent humains et l’ennui finit par les gagner : « Il leur sembla qu’ils étaient là depuis une année, mais ils y étaient depuis de nombreuses années. La nostalgie s’empara de l’un d’eux : Nechtan, fils de Collbran. Ils partirent et la femme leur dit qu’aucun d’entre eux ne devait toucher  terre, qu’ils devaient visiter et prendre avec eux leur compagnon, qu’ils avaient laissé dans l’île de joie. Ils partirent alors et arrivèrent à l’assemblée du ruisseau de Bran. On leur demanda qui était venu sur mer. Il dit « Je suis Bran fils de Febal. » - « Nous n’avons pas connaissance de lui, dit l’autre, c’est dans nos anciennes annales qu’il y a la navigation de Bran. » Nechtan sauta de la barque. A peine eut-il touché la terre d’Irlande qu’il tomba en cendres, comme s’il avait été en terre pendant de nombreuses centaines d’années » (Extrait de l’article « Quand les vivants voyagent chez les morts, la conception celtique de l’Autre Monde », du bimestriel  Religions & histoire.)

 

        Cette histoire m’a parue intéressante à évoquer car elle est représentative de l’imaginaire du Sid. L’Autre Monde est ici atteint par un moyen typique : la navigation. Il est représenté sous les traits d’une île fabuleuse, ou les femmes ne sont autres que des déités où Bran et son équipage vivent dans une intemporalité complète (ils tombent en poussière lorsqu’ils reviennent en Irlande).

 

Mabinogi.jpg


 

b)      Pwyll, chef d’Annwynn

 

         Son histoire se trouve dans Les quatre branches du Mabinogi (Pwyll, prince de Dyved, Le Mabinogi de Branwen, Manawydan fils de Llyr, Math fils de Mathonwy).  Pwyll (dont le nom signifie raison) était à la chasse dans le bois de Glynn Cuch. Galopant derrière ses chiens, il perdit ses compagnons. Soudain il entendit, venant à sa rencontre, les aboiements d’une autre meute. Il débouchait, à ce moment, dans une vaste clairière et il y aperçut un cerf qui fuyait devant une meute de chiens comme il n’en avait jamais vu de semblables, des chiens d’un blanc éclatant et lustré, aux oreilles rouges, d’un rouge aussi éclatant que leur blancheur. Ces chiens atteignirent le cerf et le terrassèrent. Pwyll se permit alors de les chasser et d’appeler sa propre monture à la curée. Alors survint, vêtu de gris et monté sur un grand cheval gris-de-fer, le propriétaire des chiens, qui lui reprocha sa conduite indigne. Honteux en confus, Pwyll lui présenta ses excuses et lui demanda comment il pourrait racheter son amitié. « Je suis Arawn, roi d’Annwynn, répondit le veneur.  Quelqu’un dont les domaines sont justes en face des miens me fait continuellement la guerre : c’est Hafgan, roi d’Annwynn. » On rappelle que le nom Annwynn signifie « abîme » et désigne souvent le royaume des morts.  Par la suite, Arawn et Pwyll procèdent à un échange : Pwyll devient le maître du royaume d’Annwynn et Arawan s’occupe du royaume de Dyvet. Pwyll doit « débarrasser » Arawn de son ennemi, ce qu’il parvint à faire en le blessant mortellement. La légende s’achève sur le fait que Pwyll regagne son royaume et le retrouve bien administré, sa prospérité est éclatante. Il révèle que cela est du à son ami le roi d’Annwynn. On le félicite d’avoir un tel ami, et en souvenir du succès de sa mission au royaume de l’Abîme, on cesse de l’appeler  Pwyll, prince de Dyvet, pour l’honorer du titre de Pwyll, chef d’Annwynn.


        Cette légende illustre encore une fois une descente vers l’Autre Monde, mais elle diffère de ce que nous avons pu rencontrer jusque là. Ici, il s’agit véritablement d’un échange de fonctions entre un personnage divin et un mortel qui a été puni. L’aspect de l’intemporalité ne semble pas présent. Cela est peut-être du à la sorte de contrat passé par Arawn, dieu de l’Abîme. Cette légende galloise m’a particulièrement plu dans la mesure où j’en ai trouvé une adaptation actuelle par la bande-dessinée.

 

 

celtique-sign-copie-1

 

 

Petite bibliographie pour les curieux :

 

  • Ouvrages généraux

 

-          BREKILIEN Yann,  La mythologie celtique, éditions du Rocher, 1993

-          KRUTA Venceslas, Les celtes, histoire et dictionnaire, Bouquins, 2000

-          MARKALE Jean, Les celtes et la civilisation celtique, Payot, 1977

-          STERCKX Claude, Mythologie du monde Celte, Marabout, 2009

 

 

  • Ouvrages spécialisés

 

-          GUYONVARC’H Christian-J, LE ROUX Françoise, Les fêtes celtiques, Ouest-France, 1995

-          SJOESTEDT Marie-Louise, Dieux et Héros des Celtes, Terre de Brume, 1993

 

  • Articles

 

-          CHAMOUTON Chloé, Religions & histoire, « Quand les vivants voyagent chez les morts, la conception celtique de l’Autre Monde, n°30, janvier/février 2010, p.32 à 39

Par Trøll - Publié dans : Mythologie Celte - Communauté : La ronde des mythologies
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 17:33

Bonjour à tous !

Un petit tour par ici pour publier la recherche que j'ai faite sur l'Autre Monde celte à l'occasion d'un dossier à rendre pour l'un de mes cours de fac. Etant donné la longueur de la chose, j'ai coupé l'article en deux partie (et j'ai ôté la partie concernant le rapport au présent avec Lawhead, Arawn et Eluveitie) .


Bonne lecture !

Et bon courage à tous ceux pour qui le temps des partiels et révisions est venu.



P.s : j'ai fais une tentative pour essayer de changer un peu le design de ce blog, malheureusement je n'ai pas assez de temps pour me concentrer sur un CSS personnel. J'ai simplement rajouté une image en fond -__-°

 

 

 

waterhouse

 

John William Waterhouse,

The Lady Of Shalott, the Tate Gallery - London, England, 200cm x 153cm

 


 

 

« Nous sommes accoutumés à définir le monde « surnaturel » par opposition au monde « naturel ». Entre les deux domaines, la frontière n’est pas toujours infranchissable : les dieux d’Homère descendent parfois combattre dans les rangs humains, un héros peut forcer les portes de Hadès, et visiter l’Empire des Morts. Mais le fossé n’en est pas moins toujours là et nous en sommes avertis par le sentiment intime de merveille ou d’horreur que suscite cette violation de l’ordre établi : rien de tel chez les Celtes… » (M-L Sjoestedt, Dieux et Héros des Celtes). En effet, il ne semble qu’il n’y ait pas d’opposition nette entre le monde naturel et surnaturel des Celtes. Il est véritablement fascinant de s’intéresser à la perception de l’Autre Monde chez les celtes, car pour ces peuples la conception de la mort se différencie des autres mythologies.

 

I) L'Autre Monde: description et caractéristiques

 

Il ne nous reste de descriptions de l'Autre Monde celte que celles de textes qui restent fortement christianisés. Le moyen âge irlandais a le plus souvent confondu l'Autre Monde, ou Sid, et l'Au-delà simplement post-humain. Le Sid ou Sidh est un terme irlandais qui possède trois sens d’après le vocabulaire du celtique de Guyonvarc’h : paix, autre monde, colline ou tertre.

Un des premiers faits qu’il semble falloir souligner est la conception du temps chez les Celtes. Elle est très différente. César souligne ainsi dans La guerre des gaules : « Tous les celtes se prétendent issus de Dispater (le dieu qui gouverne l’Autre Monde) : c’est, disent-ils, une tradition des druides. En raison de cette croyance, ils mesurent le temps non pas d’après le nombre des jours mais d’après celui des nuits et les anniversaires de naissance, les débuts des mois et des années sont comptés en faisant commencer la journée à la tombée de la nuit ».

 Le fonctionnement du calendrier gaulois est loin d’être complètement élucidé et parfaitement clair. Même si les fêtes sont inscrites dans le calendrier (Samain, Imbolc, Belteine et Lugnasad), de nombreux problèmes se posent. Ils concernent  entre autre la conception traditionnelle du temps et de l’espace, les relations des hommes et des dieux, ainsi que le fonctionnement pratique de la société humaine enfermée dans le cycle du temps et des saisons. Il ne nous reste rien de ce que César leur attribue dans la Guerre des Gaules, VI, 13 : « Ils discutent aussi beaucoup des astres et de leurs mouvements, de la grandeur du monde et de la terre, de la nature des choses, de la puissance et du pouvoir des dieux immortels, et ils transmettent ces spéculations à la jeunesse. »

 

 

a) Où le situer ?

 


 - L'Autre Monde par la mer

 

 

 

Dans la tradition galloise, l’Autre Monde situé sous le notre porte un nom : il s’agit de l’Annywn. C’est Taliesin, barde mythique, qui évoque cela. La Navigation du coracle de Maolduin, récit irlandais remontant au IXème siècle, met en scène Maolduin, dont le père a été tué par le clan de Leix, en Leinster. Il décide de venger sa mort, et pour ne pas avoir suivi les conseils des druides, son coracle est entraîné dans un fantastique voyage, parcourant des îles illustrant les caractéristiques traditionnelles prêtées à l’Autre Monde. En voici quelques extraits : «  Une île sur laquelle se trouve une maison dans laquelle entre un saumon ; ils y trouvent le gîte et le couvert ; Une île sur laquelle Maolduin casse une branche d’arbre qui se charge peu après de trois pommes d’or qui nourrissent son équipage pendant quarante jours ; une île pleine du chant d’oiseaux noirs ; une île enceinte d’or où l’eau d’une source merveilleuse suffit à entretenir un ermite ; une île sur laquelle un géant fait passer des moutons de part et d’autre d’une palissade ; …»etc.  On trouve ainsi un véritable « catalogue » de 30 îles toutes plus fantastiques les unes que les autres. « Pour confirmer que cette navigation a bien entraîné Maolduin et ses compagnons dans l’Autre Monde, ils arrivent ensuite en Irlande (dans notre monde) pour découvrir que de nombreux siècles s’y sont écoulés depuis leur départ.» ( Oskamp, The voyage of Mael Duin, Groningue, 1979) Cette intemporalité est bien caractéristique de l’Autre Monde celte, où le temps paraît figé.

                L’Autre Monde peut-être également situé au fond d’un lac ou d’un marais (comme en Armorique, la porte des enfers est située dans les eaux mortes du Yeunz Elez (le royaume de l’Ankou, soit la figure de la mort que l’on rencontre dans les légendes bretonnes).

                Le fond de l’océan est aussi fréquemment assigné à l’Autre Monde. « Tir Fo Thuinn », le pays sous les vagues, est l’une des désignations fréquente en irlandais. Mais plus bas encore qu’au fond de l’océan et que sous la terre, les antipodes du monde étaient aussi tenus comme des localisations de l’Autre Monde.

 

- L'Autre Monde dans le ciel et par la terre

 

Il est rare de rencontrer cela l’Autre Monde au niveau du ciel, mais des traditions galloises situeraient les résidences des dieux dans les constellations. Il est en revanche plus fréquent de « rencontrer » dans les textes les demeures des dieux situées sous les tertres.

 

- Un lieu inatteignable


 

Dans toute ces traditions, notre monde des vivants n’apparaît pas opposé à un paradis supérieur et à un enfer inférieur mais uniquement à un Autre Monde dont les localisations ne sont qu’illusoirement diverses et correspondent essentiellement à tous les lieux conceptualisables mais que les vivants ne peuvent normalement pas atteindre. On peut voir l’horizon mais qui peut le rejoindre ? L’Autre Monde se situe hors de la dimension spatiale et en dehors de la dimension temporelle ; il s’agit d’une éternité figée sans durée. En outre, toutes les évocations de ce lieu le disent habité par des individus éternellement jeunes. Un de ses noms irlandais est le « Tir Na nOg », c’est-à-dire le Pays de ceux qui sont jeunes : « Depuis la création nous sommes [nous, les anciens dieux]/ Sans âge, sans vieillir comme sur terre. / Nous ne craignons pas le déclin. / Le pêché originel ne nous a pas touchés. » (Van Hammel, Wooding, Immrama, Dublin, 2004)

C’est également ce temps figé qui pourrait expliquer les banquets perpétuels, les nourritures et boissons inépuisables de l’Autre Monde.             

La représentation la plus conventionnelle de l’Autre Monde est celle d’un jardin paradisiaque rempli d’arbres offrant inlassablement des fruits merveilleux (Cf le cycle arthurien et le verger d’Avalon).

 

  

 Ci-contre (détDetail-chaudron-de-Gundestrup.jpgail du chaudron de Gundestrup) : il s’agit peut-être de la représentation d’un défunt sur la route de l’au-delà, sous les eaux, ou du héros qui en a exceptionnellement accès comme dans de  nombreuses légendes. 

    

 

  

  La distinction significative que nous pouvons retenir entre l’Autre Monde et le nôtre s’exprime par deux aspects contrastés : sauvage, inhospitalier et fatal pour les vivants, doux et paradisiaque pour les non-vivants.

 

 

- L'Autre monde des démons

 

Les Fomhoire, « spectres » ou « monstres », sont présents essentiellement dans la mythologie irlandaise. Ils résident dans une des îles située au-delà de l’horizon. L’Autre Monde des démons est parfois même représenté comme un verger au même titre que celui des Dieux. Un fragment d’une eulogie funèbre d’un prince situe l’Autre Monde des démons Fomhoire en dessous de notre bas monde et  n’hésite pas à le qualifier de verger, comme l’Avalon des dieux et des bienheureux : « Un prince s’en est allé au pays des morts / Le noble fils de Seadhna./ Il a nettoyé les vergers des Fomhoire / En dessous du monde des hommes » (M.A O’Brien, Corpus Genealogiarum Hiberniae, Dublin, 1986).

 

 

 

b) Un dieu majeur, maître de l’Autre Monde : Manannan Mac Lir

 

 

 

On peut le considérer comme le dieu de l’Au-delà. Il était le Mannois fils d’Océan, Manannan mac Lir en irlandais, Manawyddan fab LLyr en gallois. Son domaine est constamment situé « au-delà de l’eau ». Selon Yann Brekilien dans La mythologie celtique, « il ne faut pas se l’imaginer comme le dieu de la Mer, comme une sorte d’équivalent de Neptune […].Son caractère marin se limite au fait que, pour voyager hors de son île, il parcourt l’océan sur son char attelé de chevaux blancs. [...] Il est le roi su Sid (L’Autre Monde), et c’est lui qui a partagé le monde souterrain entre les divers dieux. […] Il possède le chaudron d’abondance et d’immortalité. Comme Ogmios, c’est un conducteur d’âmes et c’est aussi un guerrier qui meurt au combat. »

                Il m’a paru important de souligner l’aspect de cette figure divine car elle apparaît à de nombreuses reprises, dans divers contes, récits mythologiques (Comme dans l’histoire d’Oisin adaptée par Patrick Caudal ).

 

 

                  c) Samain, une ouverture sur l'Autre Monde

 

 

Samain est la fête irlandaise la mieux attestée, car la plus fréquente dans les récits mythologiques et épiques. Fête de fermeture de l’année écoulée et d’ouverture sur l’année à venir, c’est aussi le moment où les hommes ont accès à l’Autre Monde parce que l’éternité du Sid pénètre le temps en en suspend le cours. Cette suspension du temps annule provisoirement toute différence entre l’Autre Monde et le monde des hommes, elle en fait tomber toutes les barrières. Cette fête  donnait lieu à de grands rassemblements et à des rituels complexes. La fin de l'été est le moment où l'on rentre les troupeaux dans les étables, ce qui est l'indice d'une ancienne société pastorale.

On peut souligner aussi le caractère contraignant de cette fête ; il s’agissait d’une obligation et les parjures qui n’y participaient pas étaient punis. Dans l’ouvrage Les fêtes celtiques, F. Le Roux et Guyonvarc’h écrivent : « Ce ne sont pas seulement quelques récits épiques ou mythologiques qui situent leurs descriptions à Samain, ce sont bel et bien des récits : - qui impliquent une réunion ou un banquet royal ; qui décrivent un conflit avec les puissances de l’Autre Monde, l’intervention dans les affaires humaines de puissances venues de l’Autre monde ou inversement l’intervention des hommes dans le sid. »

 

Le christianisme a intégralement récupéré cette fête en en faisant la Toussaint, exaltation de la communion des Saints, c'est à dire de la communauté parfaite entre les vivants et les morts. Dans les pays anglo-saxons, la fête de Samain se retrouve dans les célébrations carnavalesques d’Halloween, et en Bretagne armoricaine, de nombreuses croyances populaires concernant la présence des morts sous un aspect visible témoignent de la permanence de cette antique conception celtique.

 

waterhouse3

John William Waterhouse,

I am Half-Sick of Shadows - said the Lady of Shalott - 1915, Art Gallery of Ontario, Canada, 74cm x 100cm

Par Trøll - Publié dans : Mythologie Celte - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 23:43
Monde.jpg ( Jean-Baptiste Monge )

Bien le bonjour, à toi visiteur du soleil ou douce soirée à celui/celle auquel(le) la pénombre convient mieux.
Cet article sera consacré à un sujet que je n'ai pas trop évoqué pour le moment il me semble: l'art celte.
Lors d'une petite promenade dans la ville de Lugdunum, j'ai déniché une librairie ma foi fort sympathique dans laquelle j'ai pu compléter ma "collection" d'ouvrages sur les Celtes. Vous savez, c'est ce genre de petit endroit encombré d'enchevêtrements prodigieux de livres, de petit vendeur caché derrière son comptoir -on s'attend presque à voir les oreilles pointues du personnage. Ah, ce que j'aime fouiller là-dedans!

Bref. Trève de bavardages, je vais vous présenter le talentueux David Balade que j'ai découvert à travers Motifs celtiques, à connaître et créer, édition Ouest-France.

 
" Triskels, entrelacs, arbres de vie, plumes de paon... un univers de symboles que nous croyons connaître et qui gardent pourtant leur part de mystère et de fascination [...] "


L'ouvrage est divisé en 5 chapitres, et comprend une introduction intéressante.  L'auteur fait référence à ses 3 sources principales, à savoir Le Livre de Kells, le livre de Durrow et le livre de Lindisfarne. De quoi ça parle ? D'entrelacs, de spirales et de bestaire fabuleux. Le but de l'ouvrage est une initiation aux motifs celtes. Et c'est d'ailleurs plutôt bien réussi, et je dirai même que le bouquin s'adresse à un public large, du simple néophyte à l'expert.

Je vous laisse découvrir par ces quelques illustrations :


Naissance-de-Dylansite.jpg
Sur le thème "Les Royaumes de l'onde", Naissance de Dylan.
J'ai choisi quelques créations que je trouvais superbes, pour le reste je vous laisse admirer via internet ou les livres (;

Finn-Mac-Cool--Sadb-et-Oisin.jpg
Sur le thème "Les murmures de la Terre", Finn Mac Cool, Sadb et Oisin

Arbre-de-Peredursite.jpg Et enfin sur le thème de "l'esprit des flammes", Arbre de Peredur

David Balade est également l'auteur de Croix et Bestiaire celtique et d'autres ouvrages sur les mêmes thèmes.

" Au-delà de l'horreur du vide, assez caractéristique de cet art, l'entrelacs symboliserait l'immortalité de la vie sans fin, tel le ruban qui le compose..."


Liens

Le site officiel ( à voir, galerie très complète! )



P.s : Je cherche quelqu'un qui pourrait, s'il vous plait, me donner un coup de main quand au design de mon blog, j'aimerai qu'il change de tête un petit peu (en gros, un nouveau CSS ne serait pas du luxe !). Merci beaucoup (: Si jamais vous êtes intéressés, laissez-moi un petit signe!

Par Trøll - Publié dans : Bouquins - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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.I.

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