Dieux Celtes [II]

Publié le par Trøll



Ana { Ou Anna, au, dana ou dòn }

Déesse mère des anciens celtes. En Irlande, c'est là mère des dieux, les fameux Thuatha Dé Danann [ tribus de la déesse Dana ] et son nom reste attaché à la toponymie, par exemple à deux sommets des monts du Kerry qui sont appelés « Paps of Anu » { Les tétons d'Anu }. Dans la tradition galloise, sous le nom de dôn, elle est aussi la mère de certains dieux plus ou moins héroïsés, tels Amalthon, Gwyddyen et Arianrod. Mais on peut aussi bien la reconnaître dans l'irlandaise Morrigane, dans la galloise Rhiannon ou Modron { Maternelle }, ou encore dans la fée Morgane des romans de la table ronde. C'est en fait une divinité indo-européenne archaïque, connue en Inde sous le nom d'Anna Pourna (Anna la pourvoyeuse, appellation donnée ensuite à un sommet de l'Hymalaya), et à Rome sous celui d'Anna Paronna, personnage qui, selon le rationalisme latin, a été fortement historicisé. Il est plus que probable que ce personnage divin a été christianisé sous l'aspect de sainte Anne, mère de la vierge Marie, dont la légende bretonne fait une sorte de divinité tutélaire dans une tonalité celtique bien reconnaissable.




Cernunnos { Kernunnos }

Le maître des animaux sauvages ( Dieu aux bois de cerf, Cernunnos est sans doute un dieu de l’abondance).
 Sa nature est  essentiellement terrienne. Il est représenté âgé, il a les oreilles et les bois d’un cerf, et porte une torque [ collier gaulois ]. Il est souvent accompagné d’un serpent à tête de bélier. Sur un basin d’argent doré trouvé à Gunderstrup, au Danemark, il est figuré assis en tailleur, entouré d’un grand cerf, de 2 taureaux, de 2 lions, et de 2 loups, alors que non loin un enfant chevauche un dauphin. Ainsi, Cernunnos apparaît comme le maître des animaux sauvages, terrestres et aquatiques.
Sans doute manifeste t-il la force, la puissance et la pérennité ( symbolisée par la ramure ).
On le représente comme donateur, sur un autel conservé au musée de Reims, avec auprès de lui, un panier de victuailles, des gâteaux et des pièces de monnaie. Certaines stèles romaines provenant de Dacie [ Roumanie ], l’assimilent à Jupiter le maître du ciel.





Dagda

L'un des plus importants dieux de l'Irlande païenne. Il est dieu druide et dieu des druides, maître des éléments et de la connaissance, juriste et redoutable guerrier. Pendant la seconde bataille de Mag-turred, il entraîne les Thuatha Dé Dannan vers la victoire contre les fomoiré.
On le nomme Dagda parce qu'il est le « dieu bon », mais il a d'autres noms, tels Dagan, le « petit bon » ou encore Luadh Rofhossa, « le Rouge de la grande science ». Sa demeure est la Brug Na boyne, autrement dit le tertre de New-grange. Il représente le même type divin que l'Odin-Wotan germanique. Il se distingue par sa gloutonnerie extrême et sa sexualité débordante, ce qui l'apparente au Gargantua gallo-français. Il possède un chaudron dont le contenu est inépuisable, prototype du Graal, et une harpe magique qui peut jouer toute seule les air de la plainte, du sommeil, de la mort ou du rire. Il a également une massue : s'il frappe quelqu'un avec un des bouts de sa massue, il le tue. S'il le frappe avec l'autre bout, il le ressuscite. C'est donc le dieu de la vie et de la mort, parfaitement ambigu et doué de forces redoutables qui peuvent êtres bonnes ou mauvaises. Il est possible d'y voir l'équivalent gaëlique du Sucellos Gaulois ( mais il pourrait bien être Ogma) ou du dieu au maillet souvent représenté dans la statuaire gallo-romaine. Dans les récits épiques plus récents, ainsi que dans les romans arthuriens, le personnage d'Ogma apparaît souvent sous forme d'un « homme des bois » , un rustre, porteur d'une massue, et maître des animaux sauvages. Son caractère de protecteur de la communauté peut également l'apparenter au teutatès- Toutatis gaulois qui est le « père de la tribu ». Il n'est pas exclus que l'image de Dagda ait contribué à la formation d'une certaine représentation du « bon dieu » de la religion chrétienne populaire.




Ogmios

L’éloquence. Grâce à un lien magique, Ogmios attire les hommes par les oreilles. C’est un vieillard tout ridé, vêtu d’une peau de Lion. Il porte Massue, arc et carquois. Il tire des foules considérables d’hommes attachés aux oreilles par une chaînette d’or dont l’extrémité passe par la langue percée du Dieu. D’après un texte de Lucien de Samsate, Ogmios est l’éloquence sure de son pouvoir, le dieu qui, par sa magie, attire ses fidèles. Il est aussi le symbole de la puissance de la parole rituelle qui unit le monde des hommes et le monde des dieux. C’est en son nom que l’on profère les bénédictions en faveur des amis et les malédictions contre les ennemis.  En Irlande, on l’appelle Ogma. Il est l’inventeur de l’Ogam, ensemble de signes magiques dont la force est si grande qu’elle peut paralyser l’adversaire. C’est aussi un guerrier qui, par les encouragements qu’il donne, participe efficacement à la bataille de Mag Tured.
Assimilé à Héraclès, dont la force est extraordinaire, Ogmios est plus le dieu de l’exploit et du combat singulier que celui de la guerre.
Ogmios ou Ogma peut donc être considéré comme le dieu-druide primordial qui unit le ciel à la terre.


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