Dieux et Déesses celtes

Jeudi 2 juin 4 02 /06 /Juin 00:25

DSC00111---Copie.JPG

 

1.3) Portée symbolique   

Dans la plupart des mythologies, on trouve l’idée d’un couple divin à l’origine de tout ce qui est, et cela nous invite tout naturellement à penser que les deux figures divines les plus archaïques de la tradition celtique devaient former un tel couple. Cernunnos, pas conséquent, devait être l’époux de la grande Reine, de la Terre-mère. Cela est confirmé par l’imagerie du chaudron de Gundestrüp, où ils figurent l’un et l’autre, et surtout par le monument gallo-romain des Saintes. Sur une des faces de ce monument, le dieu cornu est assis en posture de yoga, entre une femme debout tenant une corne d’abondance et un homme nu s’appuyant sur une massue. Sur l’autre face, la déesse est assise à côté du dieu en posture de yoga. Celui-ci tient un torque à la main, comme on voit souvent Cernunnos le faire, mais il n’a plus de cornes. C’est lorsqu’intervient dans l’existence du couple divin un troisième personnage que Cernunnos porte des cornes (Ce troisième personne est peut-être Esus.).  Cernunnos est à la fois le maître de la nature et le dieu du Monde d’en dessous. Epoux de la déesse de la fécondité, mais il en est un mari trompé. Il porte des corne, mais ce sont des cornes de cervidé qui tombent et repoussent : son aventure est donc une aventure cyclique. Dans une première phase, il règne sur le royaume souterrain du Sid (l’Autre Monde celte), mais dans une seconde phase, il est abandonné par la reine mais devient le souverain de la nature régénérée, tandis que son rival a pris sa place sur le trône d’en bas. Mais il finit par triompher de ce rival et par « reconquérir » sa femme et son trône, tandis que la nature s’enfonce dans la léthargie hivernale. Alors, il perd ses cornes.
    Le symbolisme naturaliste qui apparaît au grand jour dans ce mythe recouvre, en fait, un enseignement beaucoup plus profond. Certes, la vie de la nature, chaque hiver, se réfugie sous terre pour en resurgir au printemps. Lorsque, fécondée par la force créatrice, la Terre-mère a accouché d’une vie nouvelle, elle commence à tromper la puissance créatrice pour la puissance destructrice. La ramure de cerf qui, à ce moment, pousse l’époux trahi, symbolise l’épanouissement du règne animal et celui du règne végétal, puisque c’est un véritable arbre que l’animal forestier, le cerf, porte au sommet de sa tête : ne parle-t-on pas de « bois », de sa « ramure » ? Mais ce qui est important, dans  la symbolique sacrée de tous les peuples, ce sont les cornes, parce qu’elles jaillissent du crâne et représentent la connaissance. La mère que féconde le dieu au pouvoir créateur, c’est la matière que féconde l’esprit. « Mère », « Matrice » et « Matière » : il s’agit de la même racine indo-européenne Matr-, qui exprime l’idée du principe féminin fécondé. Cernunnos, époux de la déesse-mère, est le principe masculin fécondant, le verbe créateur. Au plan métaphysique, la vie et même la simple existence supposent l’opération, sur la matière informelle, de la force spirituelle émanant de l’Esprit divin. Mais parce que le propre de la matière est d’évoluer dans le temps, parce qu’il lui faut constamment être créée, constamment régénérée, elle trahit cette force spirituelle qui l’a rendue féconde et se soumet à la destruction jusqu’à ce que recommence le cycle.
    Il en est de même pour la vie intérieure de l’individu. Dès l’instant qu’elle est fécondée par l’esprit, l’existence charnelle est sublimée et porte fruit. Mais l’harmonie entre l’âme et le corps contient en elle la menace de sa propre destruction, car la matière, par nature, est avide de domination et tend à soumettre l’esprit à son empire. La connaissance, positive et féconde, conduit facilement à la science destructrice. Si l’esprit ne veut pas devenir esclave, la rupture se produit. Il y a divorce. L’homme doit renoncer à lui-même, accepter une ascèse, abandonner à l’ennemi les plaisirs qui l’empêcheraient de développer son pouvoir spirituel. C’est alors que lui poussent peu à peu les cornes de la vraie connaissance et qu’il devient « Maître de la Nature », c'est-à-dire qu’il s’élève très au-dessus de la vie animale et devient un être libre aux pouvoirs spirituels immenses.

 

merlin_index.jpg

 

1.4) Cernunnos et ses différentes figures

Cernunnos , dieu Gaulois, a donc une place importante dans la mythologie celtique, et une figure qui apparaît plus ou moins transposée dans de nombreux récits. Elle se manifeste à travers différents personnages, sous des noms différents :


•    en Irlande, avec le personnage de Némed, « le sacré », dans le Lebor Gabala (le livre des conquêtes). Le peuple de Némed est, d’après les légendes, un peuple cerf et son chef en est un dieu-cerf.
•    Dans le Mabinogi, et le récit « Pwyll, prince de Dyvet », la figure de Cernunnos apparaît dès le début du récit, bien avant la rencontre entre le héros et la déesse cavalière. (Arawn pourrait, de plus, être une des figures de Cernunnos ?)
•    Le héros des sagas gaëliques Finn (ou Fionn, Find, Fingal Mac Cumail) : son nom (Vindos en vieux celtique) signifie « blanc », c'est-à-dire « sacré », au même sens que celui de Némed.
•    Chez les Gallois, ce dieu laboureur est également attesté : c’est Amaethon, fils de Don, qui apparaît dans le Mabinogi de Kulhwch et d’Olwen. C’est, avec Gwyddyon, le grand vainqueur de la bataille de Goddeu. C’est aussi le héros d’un poème de Taliesin : Le chant de mort d’Aeddon, le nom d’Aeddon étant une contraction d’Amaethon. Et toujours chez les Gallois, Arthur lui-même, mais l’Arthur primitif peut être considéré comme un dieu agraire.
•    Dans les légendes arthuriennes, Arthur et son clan sont, d’après Jean Markale, des représentants : de la Dana irlandaise, ancêtre des Tuatha de Danann (qui comptent parmi eux les plus grands dieux des Gaëls), de la lignée de Keynvarch, de la lignée de Keridwen, déesse-mère, avec son fils Morvran (corbeau de mer), dont l’animal totémique paraît être le cerf, ce qui établit un certain rapport avec le dieu gaulois Cernunnos.
   


Rapprochement avec d’autres mythologies :

D’après Yann Brékilien dans La mythologie Celtique, on pourrait rapprocher ce dieu, figé en attitude de « yoga », à celui qui figure sur un sceau découvert à Harappa. En effet, le personnage figuré sur le sceau (remontant à l’époque pré-aryenne) est lui aussi entouré d’animaux. Le dieu indusien serait l’archétype de Civa, maître de la Nature, qui détruit la vie pour donner la vie ; Civa est représenté le corps entouré de serpents. On sait que Civa est associé, au sein de la Trimûrti, à Vishnou, son opposé, donc son complément. Les êtres que l’on voit accompagner le dieu celtique correspondent aux incarnations de Vishnou : poisson, tortue, sanglier, lion et nain.
Il est également possible de faire un parallèle avec la Grèce, d’après B. Sergent : le loup est à Apollon ce que le cerf est à Artémis.  Elle est dite Elaphêbolos : « chasseuse de cerf » (Hymne homérique à Artémis, II, 2) et une fête des Elaphêbolia est connue à Athènes, et à Hyampolis, aux confins de la Béotie et de la Phocide, où l’on sacrifiait toutes sortes d’animaux, dont des cerfs à Artémis, on lui offrait aussi des gâteaux en forme de cerf (cf. les textes de Plutarque) Ekaphoktonos, « tueuse de cerf » et à Olympie, Elaphiaia, « celle des cervidés ». Il n’est pas étonnant non plus qu’un cerf se trouve fréquemment dans la proximité du dieu Apollon : sur un stratère de Caulonia en Italie du sud, on a l’image d’Apollon le bras tendu, un garçon courant dessus, et un cerf en dessous. A Kourion, à Chypre, le dieu possédait, sans son bois, des cerfs consacrés. Par ailleurs, on doit rappeler qu’il existait, à Chypre et en Arcadie, un Apollon dit Kereatas, « Celui des cornes », dont la statue à Enkomi en Chypre était pourvue de deux cornes. Ce ne sont certes pas des andouillers, mais il est notable que la racine du nom est la même que celle que l’on trouve dans le nom du dieu celtique Cernunnos. Il existe donc des liens d’Apollon avec le cerf, même s’ils sont peu nombreux et souvent indirects.
    Enfin, toujours selon Bernard Sergent, Les relations entre le dieu Lug et le cerf sont incontestables. Dans l’antiquité, le dieu Mercure gallo-romain est « un dieu cornu, un dieu au cerf » selon Fernand Benoît. Comme à l’accoutumée, la relation ainsi marquée dans l’Antiquité sur le continent entre Mercure et un animal se retrouve dans la tradition insulaire. On  peut noter la survivance traditionnelle de la relation avec la légende qui veut que Saint Patrick et ses compagnons, ayant à fuit leurs persécuteurs païens, se transformèrent en cerfs.  Dans le Mabinogi de Math, Gwydion et Gilvaethey sont changés en cerfs. L’enfant qui naît est un faon, que Math transforme en homme et appelle Hyddwn, « petit cerf », et c’est une forme de Lug, si l’on suit l’analyse de C. Sterckx. Certains auteurs ont récemment montré les rapports entre Lug et Merlin (appelé Taliesin au Pays de Galles, Tuan en Irlande et Fintan, Lailoken en Ecosse). Tuan, entre autres métamorphoses, a été cerf 80 ans, après avoir été sanglier et aigle (cf. l’Histoire de Tuan fils de Cairell [racontée] à Finnon de Mag Bilé). De plus, dans les textes de Geoffroy de Monmouth, il arrive que Merlin se change en cerf. 

 

Survivances bretonnes :
 
Une coutume quimpéroise est une curieuse survivance du culte de Cernunnos : le jour de la Saint-Corentin, neuf jours avant le solstice d’hiver, on mange des espèces de pains doux de forme trilobée (trois), que l’on appelle des kornigou, des « petites cornes ».
    Il a été christianisé à Carnac (Morbihan), par suite de son assimilation à un problématique St-Corneille ou St-Cornely, protecteur de bêtes à cornes, toujours représenté avec un taureau, on a pu mettre en parallèle le nom de Cernunnos et celui de Carnac ; c’est une coïncidence surement recherchée. La racine pré indo-européenne de Carnac semble être Car, pierre, et se disant en breton kerreg, la ville aux pierres. La légende locale fait de St-Cornely le responsable des alignements : poursuivi par une armée entière, il aurait transformé en menhirs tous les soldats, qui sont encore appelés aujourd’hui Soudar Sant Kornely (les soldats de St-Cornely).

 

1_-carnac-1-.jpg

 

Bibliographie

 

-    BREKILIEN Yann,  La mythologie celtique, éditions du Rocher, 1993
-    MARKALE Jean, Les celtes et la civilisation celtique, Payot, 1977
-    SERGENT Bernard, Le livre des dieux celtes et grecs, Tome II, Payot, 2004
-    SJOESTEDT Marie-Louise, Dieux et héros des Celtes, Terre de Brume éditions, 1993
-    STERCKX Claude, Mythologie du monde Celte, Marabout, 2009

Les Mabinogion, contes bardiques gallois, traduction de Joseph Loth, Les presses d’Aujourd’hui, 1979
Les Quatre Branches du Mabinogi  et autres contes gallois du Moyen Âge, Traduit du moyen gallois, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert

Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes - Communauté : La ronde des mythologies
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 juin 3 01 /06 /Juin 22:21

Bonjour,

Petit article "rapide" au sujet du dieu cornu duquel nous connaissons peu de choses. C'est à l'occasion d'un de mes cours de licence que j'ai eu carte blanche de la professeur pour travailler sur ce sujet là :)

J'ai séparé l'article en deux parties en raison de la longueur du propos.

Bonne lecture petits cornus !

 

CernunnosHerne-copie-1.jpg

 

I)    Caractéristiques principales

1.1    ) Etymologie

La signification la plus vraisemblable de ce nom est « bellement encorné », Kern- provenant d’un terme relatif aux cornes et –unnos étant un suffixe augmentatif. Certains contestent cela, car la racine du mot « corne » a, en celtique, la forme Karn- et non pas Kern-. Mais il semble que les deux formes aient une origine commune, et rien ne prouve que les deux radicaux ne coexistaient pas, l’un pour le singulier et l’autre pour le pluriel. C’est le cas en breton moderne, où le pluriel de Korn est Kern ou Kerniel.  Yann Brékilien écrit : « En réalité, d’une seule et même racine indo-européenne Ker- sont issus en grec, en latin, en celtique et en germanique, tantôt en gardant le e, tant en le remplaçant par des a, des o ou des i, des quantités de mots désignant le cerveau, la tête, le crâne, le sommet du crâne, la cime, la pointe, la corne, le coin, le cor ou le cerf. Il n’y a pas de cloisonnement entre leurs diverses formes, il n’a cessé de se produire entre elles des échanges. Loin qu’à une évolution en a ou en o corresponde un certain sens, on trouve aussi bien des e que des o dans des mots signifiant « la corne » (to keraς en grec, mais cornu en latin et horn en germanique), tandis qu’à la tête hellénique (τò κάρα) correspond un cerveau italique cerebrum et germanique hirm. A l’inverse du grec, le vieux celtique utilisait un radical en a pour la corne, Karnu, et en e pour le sommet de la tête, kerna. Kerna  désignait aussi la cime, la pointe, le coin. Mais, en breton moderne,  si la corne, matière des sabots des chevaux et des vaches, est bien toujours karn,  et si la cime, la pointe, le sommet de la tête sont restés kern, en revanche on traduit aussi « les cornes » par kern  ou kerniel, comme nous venons de le voir. C’est que, pour constituer l’ornement d’un sommet du crâne, il faut que les cornes soient une paire. On remarquera aussi que, bien que l’évolution phonétique qui donne ô en italique aboutisse à un â en celtique, il n’en existe pas moins une correspondance entre le korn- latin et le kern- celte, puisque le nom de peuple Cornovic  a donné en breton (d’Armorique et de Cornwall) le nom de peuple kerneo, en français Cornouaille.  »


L’analyse de Markale est la suivante : d’après lui,  le nom de Cernunnos évoque la corne (breton-armoricain Korn, pluriel kern) mais par suite d’analogies de sons, il évoque aussi le cerf (breton-armoricain karu-, pluriel kervi-). A toutes ces étymologies, peut être fantaisistes mais témoignant d’une réelle confusion et d’une parenté certaine, au point de vue mythologique, du cerf, de la pierre et de la corne, il est préférable de voir dans Cernunnos la racine indo-européenne Ker ayant donné le latin creare : créer et crescere: croître.

 

 

 

1.2)  Représentations iconographiques et textuelles & interprétations

 Les Celtes n’ont pas hérité seulement, des civilisations antérieures, du  culte de la Déesse-mère,  mais aussi  de celui d’un personnage masculin qui lui était associé et que l’on représente avec des cornes de cerf au sommet du crâne. Cet attribut permet de penser que son origine se situe plus loin encore que dans la nuit des temps que l’ère des mégalithes, à l’époque mésolithique, où l’animal sacré était le cerf et où, sans doute, certains « sorciers » officiaient encore avec des bois de cervidé sur la tête, comme leur ancêtre que l’on voit figuré dans la grotte des Trois frères, en Ariège.  D’après Marie –Louise Sjoestedt,  un  trait notable est le caractère zoomorphe plus ou moins marqué ou, forme plus évoluée du même type de figures mythiques, l’association avec un animal. Un exemple en est fourni par Cernunnos, « Le cornu », l’un des dieux dont le culte est le plus largement attesté. Il est représenté avec des cornes de bélier ou des bois de cerf, accroupi sur le sol. La posture rappelle celle du Bouddha, mais devait être familière aux Gaulois dont le mobilier ne comprenait pas de sièges. Il est fréquemment accompagné d’un ou de deux serpents cornus. Le dieu cornu au serpent se retrouve sur le célèbre vase de Gundestrüp. Certaines variantes nous représentent une divinité féminine ou encore tricéphale, de même type. Cet élément zoomorphe apparaît encore plus nettement chez les déesses que chez les dieux (exemple, Epona, « La grande jument »).
    La plupart du temps donc, ce dieu cornu nous est montré assis en tailleur, les jambes croisées. C’est ainsi qu’on le voit sur le chaudron de Gundestrüp, sur le monument de Reims, de Vendoeuvres, de Saintes, de Sommecourt. Son cou est orné d’un collier ou d’un torque et il tient quelquefois dans une de ses mains un torque ou un objet rond qui peut être une pomme ou une bourse. Il arrive exceptionnellement que, sur sa tête, les bois de cerf soient remplacés par des cornes de bouc. Il est entouré d’animaux sauvages et l’on remarque presque toujours un serpent, soit dans une de ses mains, soit autour de son cou, soi à ses côtés. Généralement, ce serpent est doté d’une tête de bélier (il faut souligner que la plus ancienne représentation du dieu-cerf accompagné du serpent cornu est un dessin rupestre du Val Camonica en Italie, datant du –IVème siècle).

 

chaudron-gundestrup-present2.jpg  

    Ce personnage, abondamment représenté sur les monuments, dans la statuaire et la gravure celtiques, paraissait jouer un rôle de premier plan dans la mythologie. Son nom gaulois est révélé sur un des deux autels découverts à Paris en 1710 et conservés au musée de Cluny : il y est appelé « Cernunnos ». Il est souvent représenté seul, siégeant au milieu d’animaux, dans sa fonction de maître de la nature. Sur le chaudron de Gundestrüp, les animaux sur lesquels il règne sont un cerf, des taureaux, des lions, un sanglier, un poisson chevauché par un nain et le serpent. Le règne végétal est évoqué par des ramilles pourvues de leurs feuilles. La présence simultanée du cerf et du taureau est très fréquente. On  la retrouve, en particulier, sur le monument de Reims.  L’hypothèse émise par Brekilien pour expliquer cela est la suivante : « Ainsi est affirmée la réconciliation devant le maître de la vie qui pourvoit aux besoins de toutes les créatures, des deux traditions préceltiques, celle des Hommes du cerf de l’époque mésolithique qui vivaient de la chasse et de la cueillette, ou, sur les côtes, se nourrissaient de coquillages, et celle des hommes du bœuf, constructeurs des mégalithes qui pratiquaient l’élevage et la culture. Réconciliation, en d’autres termes, de la vie forestière et de l’activité agricole.  »


    Diverses théories ont été émises au sujet du dieu cornu. Pour les uns, comme Salomon Reinach, il serait le dieu-cerf issu d’un antique totem de tribus vivant de la chasse. Pour d’autres, il serait le dieu protecteur des bêtes à cornes. Pour d’autres encore, nos ancêtres auraient adoré en lui la fécondité animale. Cependant, ces théories ne semblent pas « compatibles » avec les conceptions celtiques : en effet, les Celtes semblent n’avoir jamais pratiqué le totémisme. Selon Brekilien, « Ils ne réduisaient pas la religion à des cultes utilitaires. Il ne leur serait pas davantage venu à l’idée de prendre pour objet de leur adoration la fécondité animale, ni aucun autre fait de la nature. Leurs mythes ont toujours été d’essence métaphysique et les images naturistes n’y ont jamais eu valeur que de symboles.  » Il parait également difficile d’accorder du crédit aux Romains qui assimilaient Cernunnos à Mercure. Il est certain que l’on peut trouver des points communs entre les deux dieux, et Cernunnos est souvent représenté avec des attributs qui rappellent le dieu romain : la bourse, la tortue et le coq… Mais ce n’est pas le seul : Lug, Teutatès, Esus possèdent également des similitudes et ont autant de raisons d’être considérés comme des équivalents de Mercure. Les dieux celtiques sont polyvalents, et on peut donc les assimiler à presque tous les dieux romains, et inversement. C’est pourquoi il semble qu’il faille être prudent dans la comparaison des deux mythologies.

    Ce qui est essentiel, pour la compréhension du personnage de Cernunnos et du symbole d’où est issu son mythe, c’est que la ramure qu’il porte sur la tête est celle d’un animal qui la perd chaque hiver pour la recouvrer plus splendide encore au printemps suivant. Les bois du cerf tombent en février et repoussent de mars à septembre, en comptant un andouiller de plus chaque année. Ils atteignent leur plein épanouissement au moment où toutes les forces de l’animal vont être consacrées, après une lutte contre les rivaux, à la fécondation des femelles. Cernunnos peut ainsi être perçu comme la force fécondante et le cycle d’un renouvellement, et cela concerne  la vie de l’âme et celle de la nature. Chez les Celtes, les deux premières fonctions caractérisent les divinités ouraniennes et sont donc consacrées à l’Air (chez les Germains, équivalent des Ases), la troisième fonction comprend les divinités de la terre, du feu et de l’eau (Vanes chez les Germains).  Il faut ranger dans cette catégorie tous les dieux et déesses qui ont un rapport avec la prospérité, la santé, l’agriculture, la chasse, la paix, les eaux, l’amour et la fécondité.
 
   cerf1.jpg   Cernunnos est un dieu caractérisé par l’abondance, caractère qui est prouvé par de nombreuses figurations : sur l’autel de Reims il déverse un sac plein de monnaies ou de grains en présence d’un cerf et d’un taureau (Cf St-Cornely) et il est entouré de Mercure et d’Apollon. A Somecourt (Vosges), il est accompagné d’une déesse qui porte une corne d’abondance. A Autur, il a trois visages et tient deux serpents à tête de bélier, symboles de la fécondité terrestre. La déesse abondance qui tient souvent compagnie à Cernunnos porte différents noms : il est question d’une déesse Actio (ourse), d’Arduinna (qui donna son nom aux Ardennes), de Rosmerta « La grande pourvoyeuse », qui porte une corne d’abondance ou une corbeille de fruits.
    Il ne faut pas perdre de vue que les Celtes ont été d’excellents agriculteurs et que toute leur civilisation est basée sur le travail de la terre. Dumézil a souligné le fait qu’il n’ait pas trouvé de dieu typiquement laboureur en Gaule. Il explique le fait en supposant que les travaux des champs étaient laissés aux esclaves ou aux femmes et ajoute : « Ceux qui veillaient au lait et aux épis, c’étaient sans doute des démons, ou des génies mineurs, asservis et tenus à merci par les grands dieux  ». Cernunnos semble être ce dieu laboureur : peu importe qu’il ne porte pas de gerbes de blé comme Saint-Isidore honoré dans nos campagnes, ou la bêche comme Saint Fiacre. Pour les Gaulois l’abondance était synonyme de labourage puisque l’un n’allait pas sans l’autre. D’autre part, il est impensable que ce peuple agriculteur néglige à ce point cette fonction.

   
Ce ne sont pas seulement des monuments qui  illustrent Cernunnos dans son rôle de maître de la Nature. Ainsi le Mabinogi (héritage d’une tradition orale), avec le conte «Owein et Lunet, ou la Dame de la fontaine », pourrait témoigner de la présence de Cernunnos au sein du récit : un des guerriers du roi Arthur, Kynon, raconte une de ses aventures de jeunesse. Il était parti en quête de périlleux exploits et, sur son chemin, avait demandé l’hospitalité dans un château. Comme, au cours du repas, il insistait pour qu’on lui indiquât un adversaire terrifiant avec qui se mesurer, le châtelain lui explique comment il pourra rencontrer le chevalier noir, gardien d’une fontaine magique. Après avoir suivi un chemin bifurquant à droite, il aura à demander sa route, au maître de la forêt : « Suis-le jusqu’à une grande clairière unie ; au milieu s’élève un tertre sur le haut duquel tu verras un grand homme noir, aussi grand au moins que deux hommes de ce monde-ci ; il n’a qu’un pied et un seul œil au milieu du front ; à la main il porte une massue de fer, et je te réponds qu’il n’y a pas deux hommes au monde qui n’y trouvassent leur faix. Ce n’est pas que ce soit un homme méchant, mais il est laid. C’est lui qui garde la forêt, et tu verras mille animaux sauvages paissant autour de lui. Il se montrera bourru à ton égard, mais il t’indiquera un chemin qui te permettra de trouver ce que tu cherches.  » Kynon, dès le lendemain, se rend à la clairière. Il lui semble qu’il s’y trouve trois fois plus d’animaux que ne lui avait dits son hôte. Il voit l’homme noir assis au sommet du tertre, qui lui paraît plus grand encore que son hôte ne lui avait indiqué. Quand à la massue de fer, il a l’impression que ce n’est pas deux hommes, mais quatre, qu’il lui faudrait pour la soulever. Il salue l’homme noir, qui ne lui répond que de façon bourrue. Il lui demande quel pouvoir il a sur les animaux qui l’entourent et, pour lui en faire la démonstration, le géant prend son bâton et en décharge un bon coup sur le cerf. Le cerf fait entendre un bramement, et tout aussitôt accourent de toutes les directions des multitudes d’animaux « en aussi grand nombre que les étoiles dans l’air ». Il y a « des serpents, des vipères, toutes sortes d’animaux ». Le géant jette les yeux sur eux et leur ordonne d’aller paître. Ils baissent la tête en lui prodiguant les mêmes marques de respect que des vassaux envers leur seigneur. « Vois-tu, petit homme, dit le maître, le pouvoir que j’ai sur les animaux. »
On trouve plusieurs interprétations de ce récit possibles : Celle de Y. Brékilien : « Dans ce récit, le Maître de la Nature n’arbore pas de ramure de cerf, mais les Mabinogion ont été mis par écrit par des chrétiens, probablement même des moines, qui ne pouvaient se permettre de dépeindre le dieu cornu de leurs ancêtres païens, à moins d’en faire le diable en personne, ce qui n’aurait eu aucun sens dans l’histoire de la quête de Kynon. Il est cependant manifeste qu’il s’agit bien de Cernunnos. Il est entouré d’animaux comme sur le vase de Gundestrüp, il est bien en connexion avec le cerf, puisque c’est par le truchement de cet animal qu’il exerce son pouvoir ; et enfin on ne manque pas d’insister sur la présence de serpents, comme il convient toutes les fois que l’on a affaire à Cernunnos. » On trouve également une interprétation faisant de ce gardien de la nature, ce passeur, une figure du dieu Dagda.
   

Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes - Communauté : La ronde des mythologies
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 20 août 3 20 /08 /Août 23:31


Ana { Ou Anna, au, dana ou dòn }

Déesse mère des anciens celtes. En Irlande, c'est là mère des dieux, les fameux Thuatha Dé Danann [ tribus de la déesse Dana ] et son nom reste attaché à la toponymie, par exemple à deux sommets des monts du Kerry qui sont appelés « Paps of Anu » { Les tétons d'Anu }. Dans la tradition galloise, sous le nom de dôn, elle est aussi la mère de certains dieux plus ou moins héroïsés, tels Amalthon, Gwyddyen et Arianrod. Mais on peut aussi bien la reconnaître dans l'irlandaise Morrigane, dans la galloise Rhiannon ou Modron { Maternelle }, ou encore dans la fée Morgane des romans de la table ronde. C'est en fait une divinité indo-européenne archaïque, connue en Inde sous le nom d'Anna Pourna (Anna la pourvoyeuse, appellation donnée ensuite à un sommet de l'Hymalaya), et à Rome sous celui d'Anna Paronna, personnage qui, selon le rationalisme latin, a été fortement historicisé. Il est plus que probable que ce personnage divin a été christianisé sous l'aspect de sainte Anne, mère de la vierge Marie, dont la légende bretonne fait une sorte de divinité tutélaire dans une tonalité celtique bien reconnaissable.




Cernunnos { Kernunnos }

Le maître des animaux sauvages ( Dieu aux bois de cerf, Cernunnos est sans doute un dieu de l’abondance).
 Sa nature est  essentiellement terrienne. Il est représenté âgé, il a les oreilles et les bois d’un cerf, et porte une torque [ collier gaulois ]. Il est souvent accompagné d’un serpent à tête de bélier. Sur un basin d’argent doré trouvé à Gunderstrup, au Danemark, il est figuré assis en tailleur, entouré d’un grand cerf, de 2 taureaux, de 2 lions, et de 2 loups, alors que non loin un enfant chevauche un dauphin. Ainsi, Cernunnos apparaît comme le maître des animaux sauvages, terrestres et aquatiques.
Sans doute manifeste t-il la force, la puissance et la pérennité ( symbolisée par la ramure ).
On le représente comme donateur, sur un autel conservé au musée de Reims, avec auprès de lui, un panier de victuailles, des gâteaux et des pièces de monnaie. Certaines stèles romaines provenant de Dacie [ Roumanie ], l’assimilent à Jupiter le maître du ciel.





Dagda

L'un des plus importants dieux de l'Irlande païenne. Il est dieu druide et dieu des druides, maître des éléments et de la connaissance, juriste et redoutable guerrier. Pendant la seconde bataille de Mag-turred, il entraîne les Thuatha Dé Dannan vers la victoire contre les fomoiré.
On le nomme Dagda parce qu'il est le « dieu bon », mais il a d'autres noms, tels Dagan, le « petit bon » ou encore Luadh Rofhossa, « le Rouge de la grande science ». Sa demeure est la Brug Na boyne, autrement dit le tertre de New-grange. Il représente le même type divin que l'Odin-Wotan germanique. Il se distingue par sa gloutonnerie extrême et sa sexualité débordante, ce qui l'apparente au Gargantua gallo-français. Il possède un chaudron dont le contenu est inépuisable, prototype du Graal, et une harpe magique qui peut jouer toute seule les air de la plainte, du sommeil, de la mort ou du rire. Il a également une massue : s'il frappe quelqu'un avec un des bouts de sa massue, il le tue. S'il le frappe avec l'autre bout, il le ressuscite. C'est donc le dieu de la vie et de la mort, parfaitement ambigu et doué de forces redoutables qui peuvent êtres bonnes ou mauvaises. Il est possible d'y voir l'équivalent gaëlique du Sucellos Gaulois ( mais il pourrait bien être Ogma) ou du dieu au maillet souvent représenté dans la statuaire gallo-romaine. Dans les récits épiques plus récents, ainsi que dans les romans arthuriens, le personnage d'Ogma apparaît souvent sous forme d'un « homme des bois » , un rustre, porteur d'une massue, et maître des animaux sauvages. Son caractère de protecteur de la communauté peut également l'apparenter au teutatès- Toutatis gaulois qui est le « père de la tribu ». Il n'est pas exclus que l'image de Dagda ait contribué à la formation d'une certaine représentation du « bon dieu » de la religion chrétienne populaire.




Ogmios

L’éloquence. Grâce à un lien magique, Ogmios attire les hommes par les oreilles. C’est un vieillard tout ridé, vêtu d’une peau de Lion. Il porte Massue, arc et carquois. Il tire des foules considérables d’hommes attachés aux oreilles par une chaînette d’or dont l’extrémité passe par la langue percée du Dieu. D’après un texte de Lucien de Samsate, Ogmios est l’éloquence sure de son pouvoir, le dieu qui, par sa magie, attire ses fidèles. Il est aussi le symbole de la puissance de la parole rituelle qui unit le monde des hommes et le monde des dieux. C’est en son nom que l’on profère les bénédictions en faveur des amis et les malédictions contre les ennemis.  En Irlande, on l’appelle Ogma. Il est l’inventeur de l’Ogam, ensemble de signes magiques dont la force est si grande qu’elle peut paralyser l’adversaire. C’est aussi un guerrier qui, par les encouragements qu’il donne, participe efficacement à la bataille de Mag Tured.
Assimilé à Héraclès, dont la force est extraordinaire, Ogmios est plus le dieu de l’exploit et du combat singulier que celui de la guerre.
Ogmios ou Ogma peut donc être considéré comme le dieu-druide primordial qui unit le ciel à la terre.


Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 août 3 20 /08 /Août 22:46

Ca y est >< Enfin le retour! Je m'excuse encore pour tout ce temps d'absence aux quelques lecteurs qui passseront par ici.
Voici là présentation de Lugh.
Je rappelle que mes recherches sont tirées de deux ouvrages principaux: Les grandes figures des mythologies de Fernand Comte et Le dictionnaire de Mythologie Celtique, de Jean Markale.
Bonne lecture! Comme d'habitude n'hésitez pas si vous trouvez des incohérences,  fautes etc. (:


Lugh ( ou Lug ).



C'est un dieu exceptionnel,qui est « hors fonction » parce qu'il les assume toutes. Il est le Salmidanach [ multiple artisan ] et le plus grand dieu de la mythologie irlandaise.
La tradition en fait le véritable père du héros Cûchulainn. Le nom de Lugh provient d'un mot indo-européen qui signifie « Blanc Lumineux » mais également « corbeau ».Or le corbeau semble lié à Lugh. On a dans Cûchulainn et Lancelot du Lac un des aspects héroïsés de Lugh. Il a un aspect solaire mais n'est pas un dieu du soleil, cette fonction étant féminine chez les Celtes.
[ On note au passage que le corbeau est un animal symbolique et sacré chez les Celtes.. C'est un oiseau qui connaît le passé et l'avenir, et les gaulois prophétisaient d'après la direction prise par les vols de corbeaux. Le héros Brân le Béni porte également le nom du corbeau. ]



Lugh est fils de Delbaeth, qui est un Fomoiré [ ou Fomoré ], et d'Eri. Guerrier, sage, magicien, musicien, maître de toutes les techniques, il est le chef des Thuatha Dé Dannan.
Les Fomoirés, peuple mystérieux qui apparaît constamment dans la tradition irlandaise, n'envahissent pas l'Irlande mais la menace sans cesse. Le roi des Thuatha Dé Danann, Nuada, a perdu un bras au cours d'un combat et cette infirmité le rend inapte à régner. Son peuple, afin de concilier les bonnes grâces de ses occupants, élisent comme roi le fomoiré Bres. Mais ce dernier se révèle être un mauvais roi qui exploite ses sujets.
Après un certain temps, on oblige Bres à restituer le pouvoir et le dieu-médecin Diancecht, « à la longue prise », fabrique pour Nuada la prothèse d'un bras ayant toutes les qualités d'un bras naturel. D'abord apeuré, Bres s'enfuit chez son père, le roi des fomoirés, puis recrute une immense armée et envahit l'Irlande.

Se présente alors un jeune et brillant guerrier, Lugh. Il prétend détenir toutes les capacités et il le prouve: à la harpe, il joue les 3 airs de la musique irlandaise {celui qui fait pleurer, l'air qui endort et celui qui donne la joie}; il remet à sa place la pierre de Fal que ne pouvaient déplacer que 80 boeufs et il gagne un tournoi d'échec contre le roi. Celui ci le proclame sage entre les sages, lui donne le trône pendant 13 jours et le charge d'organiser le combat contre les fomoirés. Lugh distribue les rôles: les druides lieront les eaux au détriment des fomoirés, les sorciers jetteront un sort aux ennemis, les artisans fabriqueront les armes, les champions menneront la lutte, les médecins soigneront les blessés.. Tout est si bien mis en ordre que les fomoirés sont vaincus et Bres fait prisonnier. On lui laisse la vie sauve à la condition qu'il donne les secrets de la propérité.
Lugh participe peu au combat. Trop précieux en raison de ses compétences, il reste au dessus de la mêlée. Parcourant les deux camps, il prononce « La malédiction suprême », provoquant la victoire. Seule une action d'éclat est à son actif: d'un coup de fronde, il perce l'oeil de Balor, au regard paralysant et dont la paupière ne pouvait être soulevée que par un crochet.

Une autre version du même texte montre la rivalité entre Nuada et Lugh. Ce dernier est attaché à un pilier par le roi qui veut garder pour lui la gloire du combat. Mais Lugh brise ses chaînes et remporte la lutte presque à lui seul.
Llud, Roi de l'île de Bretagne.
Lugh a été confondu avec Llud, roi de l'île de Bretagne. Celui ci est bâtisseur et guerrier. 3 fléaux désolent son royaume: des envahisseurs apparaissent et entendent toute conversation à travers l'île, et tous les 1ers mai, 2 dragons terribles se livrent un duel et poussent des cris tels que les êtres vivants, hommes et animaux, sont pris de stupeur et stérilisés. Enfin, un magicien vient voler nuitamment les provisions de bouche que le roi peut entasser.
Lorsqu'il est venu à bout de ces trois fléaux, il se trouve muni de trois avantages: Il détient une drogue magique, suffisamment puissante pour triompher de tout envahisseur plus savant que lui; les 2 dragons morts se révèlent être un talisman contre les ennemis, puis le voleur, dompté, restitue l'énorme quantité de provision volée {Cyfranc Llyd a Llevelis}.
Le culte de Lugh s'est répandu bien au delà de l'Irlande. En sont témoins les villes de Lyon [ Lugdunum= Citadelle de Lug ], Laon, Laudun, Loudun, etc. A Lyon, le dieu a été honoré sur la colline de Fourvière.

 

Par Trøll - Publié dans : Dieux et Déesses celtes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

.I.

  • : L'antre de Trøll
  • L'antre de Trøll
  • : Bienvenue dans mon antre, où règnent mythologie celte, légendes et lectures diverses et où poussent les racines d'hellébore... Bonne visite

Rechercher

Recommander

Playlist pour petites oreilles

 

waterhouse-psyche-box
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus